lundi 24 janvier 2022

Nightmare Alley : une fable cruelle et sombre sur la monstruosité du coeur humain

 
★★★★

Nightmare Alley est avant tout un hommage brillant aux films noirs, ce genre cinématographique dont l’âge d’or fut dans les années 1940… Le réalisateur mexicain y ajoute sa touche baroque, visuellement somptueuse, et intègre quelques accès de violence sanglante.

(critique complète ci-dessous ou ici)

Stanton Carlisle, qui traverse une mauvaise passe, débarque par hasard dans une foire itinérante. Il est accueilli par Zeena, une “voyante”, et son mari Pete, ancienne gloire du mentalisme. Auprès d’eux, il va s’initier à leurs trucs et astuces et va y voir une opportunité de succès. Après quelque temps, il s’en va avec Molly, qu’il a rencontrée dans la foire itinérante, et il finit par trouver le succès auprès de la bonne société new-yorkaise grâce à son spectacle de mentalisme. Mais avec l’aide d’une mystérieuse psychiatre, il va aller plus loin et échafauder un plan pour escroquer un homme riche et puissant…  

Dans Nightmare Alley, Guillermo del Toro revisite le roman éponyme de William Lindsay Gresham, déjà adapté au cinéma en 1947 et il en fait une fable cruelle et sombre. Le réalisateur s'écarte du genre fantastique et de ses monstres, mais c'est pour mieux évoquer une autre monstruosité, celle qui peut se cacher au fond du coeur humain.

Le fait que la première moitié du film se déroule dans une foire itinérante, avec ses “monstres” exhibés devant un public qui aime se faire peur, permet au réalisateur mexicain de mettre à profit son penchant pour les monstres. Mais on ne peut alors s’empêcher de penser à Freaks, ce grand classique de Tod Browning car ici aussi, les véritables monstres ne sont pas forcément ceux qui en ont l’apparence… 

Mais Nightmare Alley est avant tout un hommage brillant aux films noirs, ce genre cinématographique dont l’âge d’or fut dans les années 1940. On y retrouve plusieurs de ses archétypes : un film essentiellement nocturne, le destin tragique d'un anti-héros (magnifiquement incarné par Bradley Cooper), une femme fatale (Cate Blanchet, impressionnante !)… Le réalisateur mexicain y ajoute sa touche baroque, visuellement somptueuse, et intègre quelques accès de violence sanglante. Avec son dénouement cynique, le film est bien une fable visant à dévoiler la monstruosité humaine que l’on dissimule sous un vernis de respectabilité. 

C’est aussi un film qui questionne notre relation à la vérité et au mensonge. En cela il est très contemporain, notamment à l’heure des réseaux sociaux. L’histoire parle de crédulité et de manipulation, de dissimulation de la vérité et de fascination pour la divination. Elle évoque un rapport ambigu à nos secrets cachés, qu’on cherche à dissimuler et à enfouir, tout en espérant aussi qu’ils soient révélés, parce qu’on ne peut en supporter le poids.  

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Nightmare Alley, un film de Guillermo del Toro


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