Grâce à la communauté chrétienne de Rome, Luc, compagnon de Paul, parvient à s'introduire dans la prison où l'apôtre est emprisonné par l'empereur Néron, qui accuse les chrétiens d'être à l'origine des incendies qui ont ravagé la ville.
Le film n'est pas une vie de Paul : l'action se se concentre sur la fin de la vie de l'apôtre, alors qu'il est emprisonné à Rome. Des flashbacks permettent d'évoquer quelques aspects de la vie de Paul, notamment son passé de persécuteur de l'Eglise et sa conversion sur le chemin de Damas. Du coup, il y a dans le scénario pas mal d'extrapolations, notamment pour l'histoire avec le chef de la prison et sa famille, ou dans l'évocation de la communauté chrétienne de Rome. C'est en fait Luc, le compagnon de Paul, qui est le personnage central du récit : il fait le lien entre la communauté chrétienne qui se cache à Rome et l'apôtre emprisonné.
Le rythme du film est lent et se veut méditatif... mais du coup, il manque quand même de rythme, et est parfois un peu bavard. Cette impression est accentuée par le procédé choisi, d'intégrer mot pour mot dans les dialogues du film des paroles tirées directement des épîtres de Paul : j'ai trouvé que c'était souvent assez artificiel... Sauf à la fin du film, avec les extraits en voix off de la 2e épître à Timothée, comme un testament, alors que Paul prend congé de Luc et se dirige vers une mort certaine. Là, c'est tout à fait approprié. La fin du film, d'ailleurs, est réussie et émouvante, jusqu'aux belles images finales, après la mort de l'apôtre.
Mais l'intérêt du film est aussi d'aborder des thématiques directement liées à l'Evangile : la grâce, le pardon, l'amour des ennemis, l'espérance au-delà de la mort, avec une volonté de les incarner dans une histoire. D'autres thématiques toujours modernes viennent s'y ajouter, comme la liberté de conscience, avec la persécution des chrétiens à cause de leur foi (hélas toujours d'actualité aujourd'hui !) ainsi que le choix de la non-violence face à la persécution.
La réalisation est sans fausse note, les lumières et les décors sont corrects. Jim Caviezel (Passion de Mel Gibson oblige) propose un Luc assez christique et James Faulkner incarne un Paul, certes avec une foi remarquablement forte, mais aussi très humain.
Au final donc, un film moyennement convaincant mais honnête sur le plan cinématographique, qui aborde des thématiques intéressantes à approfondir.
Mes critiques n'engagent que moi, elles sont forcément un peu subjectives... le cinéma, c'est d'abord de l'émotion !
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lundi 7 mai 2018
lundi 26 mars 2018
La prière : la force de la foi et de l'amitié
Thomas est un jeune toxicomane. Pour sortir de la dépendance, il rejoint une communauté religieuse, isolée dans la montagne, tenue par d'anciens drogués. Soumis à une discipline stricte, les jeunes y sont menés à la dure, sans autre thérapie que la prière, le travail et l'amitié.
La prière est un film sobre, et assez poignant, sur la foi et la force de l'amitié, à travers le difficile chemin de rédemption de Thomas. On passe quand même assez vite d'une étape à l'autre de son cheminement spirituel, par un récit assez elliptique, qui manque un peu de mystère... un cheminement qui est finalement plutôt vu de l'extérieur. Les différents aspects de la spiritualité de la communauté sont évoqués à travers les offices religieux, une discipline stricte autour du pardon, exigeant des prises de paroles publiques, mais aussi dans quelques moments plus informels (comme lorsque les jeunes chantent avec joie "Let it shine").
Là où le film est plus touchant, et peut-être plus juste, c'est dans l'évocation de la force de l'amitié et de la communauté. Ainsi par exemple, il y a le rôle de "l'ange gardien", ce compagnon attribué à chaque nouvel arrivant, qui sera son soutien, son confident, son grand frère omniprésent. Car on n'est jamais laissé seul dans le centre : s'isoler, c'est se mettre en danger. Il suffit de voir les scènes où on voit les compagnons courir de toutes leurs forces à la recherche d'un des leurs qui s'enfuit ou disparaît. Le danger est palpable. Et l'émotion est forte lorsqu'arrive le moment de la séparation, où l'on perçoit que l'amitié forgée dans ce contexte particulier marquera la vie de tous ces jeunes.
En plus de la foi et de l'amitié, Thomas découvrira aussi l'amour au cours de son séjour au centre. Un amour qui sera une aide pour qu'il s'en sorte mais aussi un sujet de trouble dans son cheminement spirituel.
La mise en scène de Cédric Kahn est toute de sobriété dans un film où la grâce naît autant de la découverte de l'amour que de l'expérience du secours de Dieu. Le jeune Anthony Bajon, dans le rôle de Thomas, est remarquable : ses scènes au début de son séjour dans la communauté, alors qu'il est en manque, puis qu'il explose de colère, sont vraiment impressionnantes.
La prière est un film sobre, et assez poignant, sur la foi et la force de l'amitié, à travers le difficile chemin de rédemption de Thomas. On passe quand même assez vite d'une étape à l'autre de son cheminement spirituel, par un récit assez elliptique, qui manque un peu de mystère... un cheminement qui est finalement plutôt vu de l'extérieur. Les différents aspects de la spiritualité de la communauté sont évoqués à travers les offices religieux, une discipline stricte autour du pardon, exigeant des prises de paroles publiques, mais aussi dans quelques moments plus informels (comme lorsque les jeunes chantent avec joie "Let it shine").
Là où le film est plus touchant, et peut-être plus juste, c'est dans l'évocation de la force de l'amitié et de la communauté. Ainsi par exemple, il y a le rôle de "l'ange gardien", ce compagnon attribué à chaque nouvel arrivant, qui sera son soutien, son confident, son grand frère omniprésent. Car on n'est jamais laissé seul dans le centre : s'isoler, c'est se mettre en danger. Il suffit de voir les scènes où on voit les compagnons courir de toutes leurs forces à la recherche d'un des leurs qui s'enfuit ou disparaît. Le danger est palpable. Et l'émotion est forte lorsqu'arrive le moment de la séparation, où l'on perçoit que l'amitié forgée dans ce contexte particulier marquera la vie de tous ces jeunes.
En plus de la foi et de l'amitié, Thomas découvrira aussi l'amour au cours de son séjour au centre. Un amour qui sera une aide pour qu'il s'en sorte mais aussi un sujet de trouble dans son cheminement spirituel.
La mise en scène de Cédric Kahn est toute de sobriété dans un film où la grâce naît autant de la découverte de l'amour que de l'expérience du secours de Dieu. Le jeune Anthony Bajon, dans le rôle de Thomas, est remarquable : ses scènes au début de son séjour dans la communauté, alors qu'il est en manque, puis qu'il explose de colère, sont vraiment impressionnantes.
samedi 3 mars 2018
Jésus, l'enquête : la foi à l'épreuve de la vérité
Lee Strobel est journaliste d'investigation au Chicago Tribune. Lorsque son épouse se convertit à la foi chrétienne, il ne le supporte pas, lui qui est un athée convaincu. Du coup, il décide d'enquêter sur la résurrection de Jésus, pour apporter la preuve à sa femme que tout cela n'est qu'une supercherie.
Disons-le d'emblée, ce film dépasse nettement la qualité habituellement assez médiocre de ce genre de productions chrétiennes américaines... sans éviter toutefois certains écueils.
Je dois dire que le premier quart d'heure m'a fait craindre le pire, avec ses "gros sabots" évangéliques, ses discours simplistes et ses bons sentiments pour faire pleurer dans les chaumières. Mais il faut aller au-delà car lorsque l'enquête commence, les choses changent.
En effet, l'enquête journalistique sur la résurrection de Jésus, qui conduit Lee auprès d'un philosophe croyant, d'un archéologue devenu prêtre, d'une psy agnostique ou d'un chercheur en médecine, permet d'aborder les grandes questions liées à l'historicité de la résurrection de Jésus. Etait-il vraiment mort ? Les disciples ont-ils menti ? Ont-ils été victimes d'hallucination ? Quelle est la fiabilité des témoignages ? A cet égard, le film peut être intéressant pour alimenter un débat sur la dimension rationnelle de la foi chrétienne. Etant entendu, comme l'affirme le film d'ailleurs, qu'à la fin, il s'agit bien d'une question de foi !
En parallèle de cette histoire principale, Lee enquête sur un fait divers impliquant un policier et le film évoque aussi ses difficultés relationnelles avec son père et bien-sûr celles avec son épouse. Mais la manière dont ces histoires parallèles entrent en interaction avec l'histoire principale laisse parfois un peu songeur... comme avec cette réflexion de la psy qui laisse entendre qu'on devient athée parce qu'on a eu un père absent... L'autre fil, celui de l'enquête impliquant un policier, est plus intéressant, en particulier en ce qui concerne la notion de vérité. Quant à l'évolution de la relation de Lee avec son épouse, même si elle est évoquée parfois de façon un peu appuyée (grâce à la musique qui va avec...), elle permet tout de même d'évoquer la découverte de la foi et les bouleversements que cela provoque dans la vie, impactant parfois douloureusement les relations avec les proches, sceptiques ou hostiles.
Même si la réalisation est très classique, la reconstitution des années 80 et plutôt réussie et le casting fait bien son travail, avec en guest-stars, pour des petits rôles, Faye Dunaway (Bonnie and Clyde, Chinatown, Little Big Man...) et Robert Forster (Jackie Brown).
Au final, on retiendra donc surtout l'enquête journalistique au coeur du film, qui permet de rappeler que la foi est bien un choix personnel, mais dans lequel la raison a tout à fait sa place.
Disons-le d'emblée, ce film dépasse nettement la qualité habituellement assez médiocre de ce genre de productions chrétiennes américaines... sans éviter toutefois certains écueils.
Je dois dire que le premier quart d'heure m'a fait craindre le pire, avec ses "gros sabots" évangéliques, ses discours simplistes et ses bons sentiments pour faire pleurer dans les chaumières. Mais il faut aller au-delà car lorsque l'enquête commence, les choses changent.
En effet, l'enquête journalistique sur la résurrection de Jésus, qui conduit Lee auprès d'un philosophe croyant, d'un archéologue devenu prêtre, d'une psy agnostique ou d'un chercheur en médecine, permet d'aborder les grandes questions liées à l'historicité de la résurrection de Jésus. Etait-il vraiment mort ? Les disciples ont-ils menti ? Ont-ils été victimes d'hallucination ? Quelle est la fiabilité des témoignages ? A cet égard, le film peut être intéressant pour alimenter un débat sur la dimension rationnelle de la foi chrétienne. Etant entendu, comme l'affirme le film d'ailleurs, qu'à la fin, il s'agit bien d'une question de foi !
En parallèle de cette histoire principale, Lee enquête sur un fait divers impliquant un policier et le film évoque aussi ses difficultés relationnelles avec son père et bien-sûr celles avec son épouse. Mais la manière dont ces histoires parallèles entrent en interaction avec l'histoire principale laisse parfois un peu songeur... comme avec cette réflexion de la psy qui laisse entendre qu'on devient athée parce qu'on a eu un père absent... L'autre fil, celui de l'enquête impliquant un policier, est plus intéressant, en particulier en ce qui concerne la notion de vérité. Quant à l'évolution de la relation de Lee avec son épouse, même si elle est évoquée parfois de façon un peu appuyée (grâce à la musique qui va avec...), elle permet tout de même d'évoquer la découverte de la foi et les bouleversements que cela provoque dans la vie, impactant parfois douloureusement les relations avec les proches, sceptiques ou hostiles.
Même si la réalisation est très classique, la reconstitution des années 80 et plutôt réussie et le casting fait bien son travail, avec en guest-stars, pour des petits rôles, Faye Dunaway (Bonnie and Clyde, Chinatown, Little Big Man...) et Robert Forster (Jackie Brown).
Au final, on retiendra donc surtout l'enquête journalistique au coeur du film, qui permet de rappeler que la foi est bien un choix personnel, mais dans lequel la raison a tout à fait sa place.
lundi 19 février 2018
L'apparition : un grand film sur la foi et le doute
Jacques, grand reporter, est de retour de Syrie où il a assisté à la mort de son collègue. Il reçoit alors un coup de téléphone du Vatican qui s'inquiète pour une affaire d'apparition de la Vierge à une jeune fille de 18 ans, Anna, dans une petite ville du sud-est de la France. La rumeur s'est répandue, les pèlerins affluent de partout, l'Eglise catholique est débordée... Jacques, qui n'a rien à voir avec ce monde qu'il ne connaît pas, accepte finalement de faire partie d'une commission d'enquête qui doit déterminer si ces événements supposés sont vrais ou non. Mais le curé qui protège la jeune Anna voit d'un très mauvais oeil la venue de cette commission...
L'apparition est un grand film sur la foi et le doute. A travers une histoire bouleversante, le film pose finalement plus de questions qu'il ne propose de réponses. Au coeur du film, il y a la rencontre improbable entre deux personnages que tout semble opposer : une jeune fille mystique et un journaliste sceptique. On y croise aussi d'autres personnages, tantôt inquiétants, tantôt ambigus ou mal intentionnés. Sont évoquées aussi toutes les dérives possibles d'une ferveur populaire liée à la religion, avec la surexposition d'une jeune fille presque béatifiée en direct, la marchandisation du religieux, l'emballement médiatique à l'heure d'Internet...
Et puis il y a l'aspect enquête, qui tient en haleine, avec des rebondissements jusqu'au dénouement, et un certain aspect documentaire avec l'évocation des coulisses de ce que peut être une enquête missionnée par la congrégation pour la doctrine de la foi.
La force du film est de ne pas prendre parti et de laisser le spectateur se faire sa propre idée. L'un des personnages dit, à un moment du film, au journaliste : "La foi n'est pas une question de preuves. C'est un choix libre et éclairé." C'est bien ce choix que le réalisateur, Xavier Giannoli, laisse au spectateur ! Avec respect et honnêteté. En laissant toute sa place au mystère. Le film pose aussi la question du coût de la foi, de ses conséquences pour la vie de ceux qui choisissent ce chemin.
La réalisation est remarquable, avec parfois des images sublimes. Comme par exemple lorsqu'il utilise des plumes qui volent, sortes de métaphores angéliques. A noter aussi le choix parfait d'oeuvres musicales pour la bande son, plusieurs œuvres religieuses, et surtout des compositions du compositeur estonien Arvo Pärt.
Vincent Lindon est parfait dans le rôle du journaliste auquel, forcément on s'identifie, avec nos propres questions face à la foi et au doute. Et la jeune Galatea Bellugi est étonnante dans le rôle d'Anna. Une jeune actrice à suivre !
L'apparition est bien un grand film sur la foi et le doute (et un grand film tout court !), qui interpelle bien au-delà du contexte catholique évoqué par son histoire en premier lieu. Il nous rejoint dans nos questionnements, nous interroge quant à nos choix de vie et leurs conséquences. Et nous laisse le choix de la foi. A voir absolument !
L'apparition est un grand film sur la foi et le doute. A travers une histoire bouleversante, le film pose finalement plus de questions qu'il ne propose de réponses. Au coeur du film, il y a la rencontre improbable entre deux personnages que tout semble opposer : une jeune fille mystique et un journaliste sceptique. On y croise aussi d'autres personnages, tantôt inquiétants, tantôt ambigus ou mal intentionnés. Sont évoquées aussi toutes les dérives possibles d'une ferveur populaire liée à la religion, avec la surexposition d'une jeune fille presque béatifiée en direct, la marchandisation du religieux, l'emballement médiatique à l'heure d'Internet...
Et puis il y a l'aspect enquête, qui tient en haleine, avec des rebondissements jusqu'au dénouement, et un certain aspect documentaire avec l'évocation des coulisses de ce que peut être une enquête missionnée par la congrégation pour la doctrine de la foi.
La force du film est de ne pas prendre parti et de laisser le spectateur se faire sa propre idée. L'un des personnages dit, à un moment du film, au journaliste : "La foi n'est pas une question de preuves. C'est un choix libre et éclairé." C'est bien ce choix que le réalisateur, Xavier Giannoli, laisse au spectateur ! Avec respect et honnêteté. En laissant toute sa place au mystère. Le film pose aussi la question du coût de la foi, de ses conséquences pour la vie de ceux qui choisissent ce chemin.
La réalisation est remarquable, avec parfois des images sublimes. Comme par exemple lorsqu'il utilise des plumes qui volent, sortes de métaphores angéliques. A noter aussi le choix parfait d'oeuvres musicales pour la bande son, plusieurs œuvres religieuses, et surtout des compositions du compositeur estonien Arvo Pärt.
Vincent Lindon est parfait dans le rôle du journaliste auquel, forcément on s'identifie, avec nos propres questions face à la foi et au doute. Et la jeune Galatea Bellugi est étonnante dans le rôle d'Anna. Une jeune actrice à suivre !
L'apparition est bien un grand film sur la foi et le doute (et un grand film tout court !), qui interpelle bien au-delà du contexte catholique évoqué par son histoire en premier lieu. Il nous rejoint dans nos questionnements, nous interroge quant à nos choix de vie et leurs conséquences. Et nous laisse le choix de la foi. A voir absolument !
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