lundi 7 mai 2018

Paul, apôtre du Christ : biopic biblique moyennement convaincant

Grâce à la communauté chrétienne de Rome, Luc, compagnon de Paul, parvient à s'introduire dans la prison où l'apôtre est emprisonné par l'empereur Néron, qui accuse les chrétiens d'être à l'origine des incendies qui ont ravagé la ville.

Le film n'est pas une vie de Paul : l'action se se concentre sur la fin de la vie de l'apôtre, alors qu'il est emprisonné à Rome. Des flashbacks permettent d'évoquer quelques aspects de la vie de Paul, notamment son passé de persécuteur de l'Eglise et sa conversion sur le chemin de Damas. Du coup, il y a dans le scénario pas mal d'extrapolations, notamment pour l'histoire avec le chef de la prison et sa famille, ou dans l'évocation de la communauté chrétienne de Rome. C'est en fait Luc, le compagnon de Paul, qui est le personnage central du récit : il fait le lien entre la communauté chrétienne qui se cache à Rome et l'apôtre emprisonné.

Le rythme du film est lent et se veut méditatif... mais du coup, il manque quand même de rythme, et est parfois un peu bavard. Cette impression est accentuée par le procédé choisi, d'intégrer mot pour mot dans les dialogues du film des paroles tirées directement des épîtres de Paul : j'ai trouvé que c'était souvent assez artificiel... Sauf à la fin du film, avec les extraits en voix off de la 2e épître à Timothée, comme un testament, alors que Paul prend congé de Luc et se dirige vers une mort certaine. Là, c'est tout à fait approprié. La fin du film, d'ailleurs, est réussie et émouvante, jusqu'aux belles images finales, après la mort de l'apôtre.

Mais l'intérêt du film est aussi d'aborder des thématiques directement liées à l'Evangile : la grâce, le pardon, l'amour des ennemis, l'espérance au-delà de la mort, avec une volonté de les incarner dans une histoire. D'autres thématiques toujours modernes viennent s'y ajouter, comme la liberté de conscience, avec la persécution des chrétiens à cause de leur foi (hélas toujours d'actualité aujourd'hui !) ainsi que le choix de la non-violence face à la persécution.

La réalisation est sans fausse note, les lumières et les décors sont corrects. Jim Caviezel (Passion de Mel Gibson oblige) propose un Luc assez christique et James Faulkner incarne un Paul, certes avec une foi remarquablement forte, mais aussi très humain.

Au final donc, un film moyennement convaincant mais honnête sur le plan cinématographique, qui aborde des thématiques intéressantes à approfondir.