mercredi 11 février 2026

Les dimanches : Il était une foi...


Rarement la question de la foi, et de son mystère, aura été aussi bien portée à l’écran ! Les dimanches est un récit d’une rare intelligence, sensible, juste, profond, bouleversant.

(Critique complète ci-dessous ou ici)

Ainara, 17 ans, est élève dans un lycée catholique. Au moment de choisir son parcours universitaire, elle annonce qu’elle envisage de devenir religieuse. Cette nouvelle est accueillie avec stupéfaction par sa famille, qui ne comprend pas sa démarche et s’inquiète pour elle. 

Rarement la question de la foi, et de son mystère, aura été aussi bien portée à l’écran ! Les dimanches est un récit d’une rare intelligence, sensible, juste, profond, bouleversant. Il évoque le mystère de la foi, avec la possibilité d’y être sensible ou d'y être hermétique. S’il s’agit bien d’un récit initiatique autour d’une adolescente percevant un appel à devenir religieuse, le film explore aussi la façon dont la démarche personnelle de foi est perçue par l’entourage, en quoi elle peut être un mystère pour les autres, les proches. 

Il évoque avec beaucoup de finesse et de pudeur le cheminement de la jeune fille, avec ses interrogations profondes. C’est bien un film intime sur la foi et la vocation religieuse. La force du récit est de nous mettre aussi du côté des proches qui s’inquiètent, et on se demande souvent, en tant que spectateur, s’ils n’ont pas raison d’avoir peur, si Ainara n’est pas sous le risque d’une emprise ou d’une manipulation.

Toutefois, le film n’est pas prosélyte du tout. Il n’impose pas une lecture. Il laisse le spectateur se faire sa propre opinion, se projeter dans l’histoire et se demander comment il réagirait s’il était le père, la tante, l’amie de la jeune fille… Le film ne juge pas ses personnages, aucun de ses personnages. 

Par ailleurs, au-delà de la foi, le film pose la question du sens que chacun donne à sa vie, et des choix à assumer. C’est aussi un film sur la famille, et la difficulté à accepter les chemins empruntés par les proches, surtout s’ils sont radicaux. Quoi qu’il en soit, la fin du film est bouleversante, déchirante, à plusieurs égards. 

La réalisation d'Alauda Ruiz de Azua (à qui on doit l'excellente mini-série Querer) est délicate, pudique, très vivante dans la façon d'évoquer les liens interpersonels. Quant au casting, il est excellent, et la jeune Blanca Soroa est remarquable dans le rôle difficile d’Ainara. 

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Les dimanches, un film d’Alauda Ruíz de Azúa
avec Blanca Soroa, Patricia López Arnaiz, Juan Minujin

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