Un scientifique norvégien fait une découverte révolutionnaire qui va offrir la solution à la surpopulation qui menace la terre : un processus permettant de réduire les humains à une taille de 12 centimètres environ, le "downsizing". Des colonies pour accueillir les humains miniatures sont créées un peu partout dans le monde. Et une motivation de taille pour passer par ce processus est le fait qu'en réduisant leur taille, chacun augmente de façon considérable son niveau de vie. La plupart n'ont même plus besoin de travailler pour vivre la belle vie... Paul Safranek et son épouse Audrey se décident à leur tour de rejoindre Leisureland, une colonie de rêve, ce sera l'occasion d'avoir une belle maison et ne plus se soucier des fins de mois difficiles. Sauf qu'au dernier moment, Audrey renonce... et son mari l'apprend au téléphone, une fois le processus irréversible de "downsizing" effectué...
Le film, sur le ton de la fable, est assez déroutant. On se demande même à la fin si la fable est humaniste ou misanthrope, optimiste ou cynique... Et c'est peut-être ce qui en fait tout l'intérêt ! Parce qu'elle est un peu tout cela, elle ouvre de nombreuses pistes, aborde de nombreux thèmes (l'écologie, l'économie, l'immigration, la solidarité, la réussite, la religion...), sans forcément proposer de résolution.
Une des questions centrales du film est de savoir si l'humanité mérite d'être sauvée. Et si oui, comment et à quel prix ? Il y a d'ailleurs une référence explicite à l'arche de Noé qui est significative... Le film ne donne pas de réponse tranchée, la question reste ouverte.
Le film a aussi une dimension de satire sociale, avec un regard caustique sur la société occidentale et sur l'American Way of Life... C'est souvent vraiment drôle, ridicule (la mise en scène pour la présentation de Leisureland !). Mais en même temps les gens dans le film se révèlent ne pas être forcément ce que l'on croit au premier abord (en bien ou en mal...).
Il y a aussi un sens du merveilleux, dans l'évocation de ce monde miniature, dans la vision de la nature à l'échelle lilliputienne. Et une histoire d'amour ! Ca fait donc beaucoup de choses, presque trop...
Au niveau du casting, Matt Damon est très bon dans le rôle d'un américain moyen un peu perdu, Christoph Waltz... fait du Christoph Waltz, et Hong Chau est la révélation du film.
Bref, Downsizing est un film déroutant mais attachant, qui aborde finalement beaucoup de questions en phase avec nos préoccupations aujourd'hui, il est donc propice à susciter la réflexion, tout en proposant un divertissement intelligent.
Mes critiques n'engagent que moi, elles sont forcément un peu subjectives... le cinéma, c'est d'abord de l'émotion !
jeudi 11 janvier 2018
lundi 8 janvier 2018
Les heures sombres : un portrait fascinant d'un grand homme complexe
Le film évoque les premiers jours de l'accession de Winston Churchill au poste de premier ministre, le 10 mai 1940, alors que les Nazis progressent à grande vitesse, que les troupes alliées vont de défaite en défaite, et que 300 000 soldats britanniques sont piégés à Dunkerque...
Le film nous fait pénétrer de façon passionnante dans les coulisses d'une page d'histoire et propose un portrait fascinant d'un grand homme complexe. Dès son accession au poste de premier ministre, Churchill devra prendre une décision qui peut faire changer le cours de l'histoire : négocier un traité de paix avec l'Allemagne pour épargner la Grande-Bretagne ou se battre contre la barbarie nazie quel qu'en soit le coût. Pour y arriver, il devra faire face aux manoeuvres de son propre parti et faire avec le scepticisme du roi George VI à son égard.
Winston Churchil est incarné de façon époustouflante par un Gary Oldman méconnaissable, dans un rôle qui a toutes les chances de lui faire obtenir un oscar... mérité ! Contrairement à ce que j'ai lu dans plusieurs critiques, je n'ai pas trouvé le portrait de Churchil hagiographique. Le film ne cache pas les zones d'ombre du personnage, dans son caractère, dans sa carrière politique... Il se concentre sur quelques jours de sa vie, au cours desquels il apparaît comme un personnage complexe, un homme impossible à vivre, colérique, mais aussi plein d'humour, un orateur puissant, qui ne tient pas toujours parole, rongé par des doutes et des hésitations, mais aussi empreint de courage. Il était simplement l'homme de la situation à un des moments les plus sombres de l'histoire ! Et puis il y a aussi l'évocation du rôle discret mais important de son épouse, soutien essentiel mais aussi la seule à pouvoir lui dire ses quatre vérités en face.
Le film souligne tout le paradoxe de cet homme qui, privilégié, reconnaît n'avoir jamais pris le bus ni acheté son pain mais qui trouvera la force et le courage de son action dans son lien au peuple britanique. Le film le souligne, par exemple dans les scènes où Churchill est en voiture et observe le peuple londonnien dans sa vie quotidienne (filmé en traveling au ralenti) ou surtout dans une des scènes clés du film, lorsque Churchill prend le métro et discute avec des passagers sur l'action à mener face à la menace des Nazis. Bien qu'hypothétique d'un point de vue historique, c'est une des scènes les plus fortes du film.
La réalisation de Joe Wright est maîtrisée, avec une belle ampleur, un vrai souffle, certains plans audacieux (comme de spectaculaires plans en contre-plongée). La reconstitution historique est minutieuse et le film est passionnant, dans les coulisses d'une page de l'histoire.
Le film nous fait pénétrer de façon passionnante dans les coulisses d'une page d'histoire et propose un portrait fascinant d'un grand homme complexe. Dès son accession au poste de premier ministre, Churchill devra prendre une décision qui peut faire changer le cours de l'histoire : négocier un traité de paix avec l'Allemagne pour épargner la Grande-Bretagne ou se battre contre la barbarie nazie quel qu'en soit le coût. Pour y arriver, il devra faire face aux manoeuvres de son propre parti et faire avec le scepticisme du roi George VI à son égard.
Winston Churchil est incarné de façon époustouflante par un Gary Oldman méconnaissable, dans un rôle qui a toutes les chances de lui faire obtenir un oscar... mérité ! Contrairement à ce que j'ai lu dans plusieurs critiques, je n'ai pas trouvé le portrait de Churchil hagiographique. Le film ne cache pas les zones d'ombre du personnage, dans son caractère, dans sa carrière politique... Il se concentre sur quelques jours de sa vie, au cours desquels il apparaît comme un personnage complexe, un homme impossible à vivre, colérique, mais aussi plein d'humour, un orateur puissant, qui ne tient pas toujours parole, rongé par des doutes et des hésitations, mais aussi empreint de courage. Il était simplement l'homme de la situation à un des moments les plus sombres de l'histoire ! Et puis il y a aussi l'évocation du rôle discret mais important de son épouse, soutien essentiel mais aussi la seule à pouvoir lui dire ses quatre vérités en face.
Le film souligne tout le paradoxe de cet homme qui, privilégié, reconnaît n'avoir jamais pris le bus ni acheté son pain mais qui trouvera la force et le courage de son action dans son lien au peuple britanique. Le film le souligne, par exemple dans les scènes où Churchill est en voiture et observe le peuple londonnien dans sa vie quotidienne (filmé en traveling au ralenti) ou surtout dans une des scènes clés du film, lorsque Churchill prend le métro et discute avec des passagers sur l'action à mener face à la menace des Nazis. Bien qu'hypothétique d'un point de vue historique, c'est une des scènes les plus fortes du film.
La réalisation de Joe Wright est maîtrisée, avec une belle ampleur, un vrai souffle, certains plans audacieux (comme de spectaculaires plans en contre-plongée). La reconstitution historique est minutieuse et le film est passionnant, dans les coulisses d'une page de l'histoire.
L'échappée belle : un road movie touchant, bien qu'un peu conventionnel
Ella et John sont mariés depuis près de 50 ans et leur amour est intact. Mais Ella est très malade et doit être hospitalisée, et John perd la tête. Alors, un beau matin, sans rien dire à personne y compris leurs enfants, ils décident de prendre la route à bord de leur vieux camping-car, direction le sud, pour aller à Key West et la maison de Hemingway, l'écrivain préféré de John.
Road Movie touchant sur l'amour d'un couple au crépuscule de leur vie, ce film qui aborde de front la question du vieillissement et de la mort raconte une histoire somme toute assez conventionnelle, avec un dénouement sans surprise... Ce joli film réservent tout de même de bons moments d'émotion et d'humour, même si les différentes péripéties du couple ne sont pas toujours crédibles (l'agression des deux jeunes !) et que l'ensemble traîne un peu en longueur. Mais les deux acteurs principaux (Helen Mirren et Donald Sutherland) sont absolument remarquables !
Road Movie touchant sur l'amour d'un couple au crépuscule de leur vie, ce film qui aborde de front la question du vieillissement et de la mort raconte une histoire somme toute assez conventionnelle, avec un dénouement sans surprise... Ce joli film réservent tout de même de bons moments d'émotion et d'humour, même si les différentes péripéties du couple ne sont pas toujours crédibles (l'agression des deux jeunes !) et que l'ensemble traîne un peu en longueur. Mais les deux acteurs principaux (Helen Mirren et Donald Sutherland) sont absolument remarquables !
Le grand jeu : un biopic brillant... et Jessica Chastain éblouissante
Molly Bloom, la reine du poker, est arrêtée par le FBI et traduite en justice. Elle s'efforce de trouver le meilleur avocat pour l'assister dans son procès. Molly, ancienne championne de ski acrobatique, avait débarqué à Los Angeles sans un sou. Elle trouve un job d'assistante et à côté de son boulot, elle épaule son patron dans l'organisation de parties de poker clandestines. Molly est douée... et, évincée par son patron, elle parvient à lui piquer ses joueurs pour monter son propre cercle clandestin où elle attire rapidement les stars hollywoodiennes et autres millionnaires, venus flamber leur argent. Plus tard, elle ouvrira un autre cercle clandestin à New-York où elle va croiser cette fois la mafia russe...
Le grand jeu (on peut préférer Molly's Game, le titre original) est basé sur l'histoire vraie de Molly Bloom. Son réalisateur, Aaron Sorkin, dont c'est le premier film, est connu pour ses scénarios, notamment pour le génial The Social Network de David Fincher et l'excellent Steve Jobs de Danny Boyle. Et même s'il n'a pas le génie de Fincher, sa réalisation est très réussie. En tout cas, on retrouve dans ce film une fascination pour des personnages charismatiques, supérieurement intelligents, mais dont la réussite laisse aussi un goût amer. On y retrouve des thèmes communs comme ceux de la réussite sociale, de l'appât du gain, du poids de l'éducation (et notamment la place du père), du besoin d'être aimé... Et puis il y a les mêmes dialogues vifs et précis qui font mouche.
Evidemment, un autre atout si ce n'est l'atout majeur du film, c'est son actrice principale : Jessica Chastain. Elle est, comme toujours, éblouissante ! Le film repose entièrement sur ses épaules ! Ce qui ne veut pas dire que les personnages secondaires sont insignifiants. Loin de là. Idris Elba est remarquable dans le rôle de l'avocat de Molly Bloom, poussé par sa propre fille à accepter de défendre Molly... Et Kevin Costner, dans le rôle du père de Molly, qui continue à se bonifier encore avec l'âge !
Bref, Le grand jeu est un biopic brillant, rythmé comme un thriller, écrin idéal au talent de son actrice principale.
Le grand jeu (on peut préférer Molly's Game, le titre original) est basé sur l'histoire vraie de Molly Bloom. Son réalisateur, Aaron Sorkin, dont c'est le premier film, est connu pour ses scénarios, notamment pour le génial The Social Network de David Fincher et l'excellent Steve Jobs de Danny Boyle. Et même s'il n'a pas le génie de Fincher, sa réalisation est très réussie. En tout cas, on retrouve dans ce film une fascination pour des personnages charismatiques, supérieurement intelligents, mais dont la réussite laisse aussi un goût amer. On y retrouve des thèmes communs comme ceux de la réussite sociale, de l'appât du gain, du poids de l'éducation (et notamment la place du père), du besoin d'être aimé... Et puis il y a les mêmes dialogues vifs et précis qui font mouche.
Evidemment, un autre atout si ce n'est l'atout majeur du film, c'est son actrice principale : Jessica Chastain. Elle est, comme toujours, éblouissante ! Le film repose entièrement sur ses épaules ! Ce qui ne veut pas dire que les personnages secondaires sont insignifiants. Loin de là. Idris Elba est remarquable dans le rôle de l'avocat de Molly Bloom, poussé par sa propre fille à accepter de défendre Molly... Et Kevin Costner, dans le rôle du père de Molly, qui continue à se bonifier encore avec l'âge !
Bref, Le grand jeu est un biopic brillant, rythmé comme un thriller, écrin idéal au talent de son actrice principale.
mardi 2 janvier 2018
L'échange des princesses : superbe reconstitution historique... mais où est l'émotion ?
Pour affermir la paix avec l'Espagne, Philippe d'Orléans, Régent de la France, décide de proposer le mariage de Louis XV, qui a 11 ans et va bientôt devenir roi, à l'Infante d'Espagne, âgée de 4 ans. Et en échange, il marie sa fille à l'héritier du trône d'Espagne. Les deux jeunes princesses en sont réduites à de simples marchandises au service de jeux de pouvoirs...
Dès le plan d'ouverture du film, on est frappé par le travail sur les lumières, le soin esthétique apporté à l'image. L'échange des princesses est un film en costume, une reconstitution historique minutieuse (costumes, décors...) qui nous plongent dans les cours de France et d'Espagne au XVIIIe siècle. De plus, les jeunes acteurs sont très bons (notamment Anamaria Vartolomei dans le rôle de Louise Elisabeth).
Et pourtant... je suis resté sur ma faim. A la fin, j'avais presque l'impression d'avoir vu un numéro de "Secrets d'histoire", certes assez somptueux, mais plus un docu-fiction qu'un grand film historique. Où était l'émotion ?
Dès le plan d'ouverture du film, on est frappé par le travail sur les lumières, le soin esthétique apporté à l'image. L'échange des princesses est un film en costume, une reconstitution historique minutieuse (costumes, décors...) qui nous plongent dans les cours de France et d'Espagne au XVIIIe siècle. De plus, les jeunes acteurs sont très bons (notamment Anamaria Vartolomei dans le rôle de Louise Elisabeth).
Et pourtant... je suis resté sur ma faim. A la fin, j'avais presque l'impression d'avoir vu un numéro de "Secrets d'histoire", certes assez somptueux, mais plus un docu-fiction qu'un grand film historique. Où était l'émotion ?
Tout l'argent du monde : un thriller efficace et cynique
Le film, inspiré de faits réels, se déroule en 1973 avec le kidnapping de Paul, le petit-fils de J. Paul Getty, milliardaire qu'on dit être l'homme le plus riche du monde. Les ravisseurs réclament plusieurs millions de dollars de rançon mais le milliardaire refuse de céder le moindre centime. C'est alors Gail, la mère de Paul et la belle-fille J. Paul Getty, qui va tout faire pour obtenir la libération de son fils.
Tout l'argent du monde est d'abord un thriller efficace, qui maintient parfaitement la tension jusqu'au dénouement de l'histoire. Mais c'est aussi un film terriblement cynique sur le pouvoir de l'argent... et sa vanité, comme en témoigne le dénouement du film et son étonnant épilogue. Et puis il y a la performance remarquable de Christopher Plummer (avec lequel Ridley Scott a retourné toutes les scènes qu'il avait faites avec Kevin Spacey...) dans le rôle du milliardaire froid, avare et mégalomane (il se prend pour la réincarnation de l'empereur Hadrien !).
Tout l'argent du monde est d'abord un thriller efficace, qui maintient parfaitement la tension jusqu'au dénouement de l'histoire. Mais c'est aussi un film terriblement cynique sur le pouvoir de l'argent... et sa vanité, comme en témoigne le dénouement du film et son étonnant épilogue. Et puis il y a la performance remarquable de Christopher Plummer (avec lequel Ridley Scott a retourné toutes les scènes qu'il avait faites avec Kevin Spacey...) dans le rôle du milliardaire froid, avare et mégalomane (il se prend pour la réincarnation de l'empereur Hadrien !).
mercredi 27 décembre 2017
Mon bilan ciné de l'année 2017
En 2017, j'ai vu 131 films au cinéma... L'heure du bilan est arrivée ! J'ai renoncé cette année à faire un top 10. D'une part parce qu'il m'a été impossible de ne retenir que 10 films, et d'autre part parce qu'il me paraît artificiel d'établir un classement...
Deux films, tout de même, se détachent. Ce sont mes deux films de l'année. Je n'ai pas pu les départager : très différents, ce sont ceux qui m'ont le plus profondément marqué. Ensuite, une douzaine d'autres films me paraissent incontournables, ce sont mes "coups de coeur" de l'année. Et puis j'ai ajouté une catégorie "mentions spéciales" pour des films que j'ai aimé et qui sont sortis de façon confidentielle, ou ont été boudés par les spectateurs et/ou descendus par la critique.
Voici donc mon palmarès cinéma de 2017, en commençant par mes deux films de l'année :
Mes deux films de l'année : Lalaland et Silence
Lalaland (de Damien Chazelle)
Une comédie musicale enthousiasmante, mais aussi un film moderne, euphorisant et drôle, romantique et nostalgique, onirique... Réalisé par le surdoué Damien Chazelle, avec une Emma Stone éblouissante et la musique de Justin Hurwitz. Un vrai bonheur !
Lire ma critique
Silence (de Martin Scorsese)
Une fresque sobre et dense sur le doute et la foi. Un projet que Scorsese portait depuis 30 ans et ça se sent. Le ton est contemplatif, introspectif, avec une forte présence d'une voix off. Peu de musique, mais une bande son très subtile où les bruits paisibles de la nature se mêlent aux gémissements des martyrs. Sublime.
Lire ma critique
Mes coups de coeur (par ordre alphabétique)
A Ghost Story (de David Lowery)
Un film assez minimaliste et très original. Une fable poétique et vertigineuse sur la vie, la mort, le temps, l'oubli... Un chef d'oeuvre tout simplement envoûtant ! Lire ma critique
Au revoir là-haut (D'Albert Dupontel)
Dupontel, moins déjanté qu'à l'habitude, nous entraîne dans un film généreux, populaire dans le bon sens du terme, intelligent, et s'approprie brillamment le livre, prix Goncourt, de Pierre Lemaître. Lire ma critique
Baby Driver (d'Edgar Wright)
Edgar Wright invente le film de gangsters Rock'n Roll ! C'est brutal, décapant et jouissif ! Avec une bande son hyper cool et des scènes d'action fun et violentes, au rythme de la musique ! Lire ma critique
Blade Runner 2049 (de Denis Villeneuve)
Réaliser un suite à un film culte comme Blade Runner était un pari très risqué. Denis Villeneuve le relève haut la main. Le film est hypnotique et visuellement somptueux ! Lire ma critique
Detroit (de Kathryn Bigelow)
Rarement l'appellation "film coup de poing" aura été aussi justifiée. Virtuose sur la forme, fort sur le fond. Un film indispensable.
Lire ma critique
Dunkerque (de Christopher Nolan)
Un grand film de guerre. Au coeur de l'action, avec une tension suffocante, sur la plage, en mer, dans les airs, partout ! Magistral. Lire ma critique
Get Out (de Jordan Peele)
Une satire sociale acide qui utilise, avec brio, les codes du film d'horreur, pour s'attaquer au racisme "ordinaire". Lire ma critique
Les figures de l'ombre (de Theodore Melfi)
Sur fond de conquête spatiale, un bel hommage féministe et antiraciste à des combattantes de l'ombre. Avec un trio d'actrices pétillantes. Lire ma critique
Quelques minutes après minuit (de Juan Antonio Bayona)
Une magnifique fable philosophique aux accents fantastiques. Un film onirique, baroque, émouvant. Lire ma critique
Star Wars - Les derniers Jedi (de Rian Johnson)
Epique, spectaculaire, plein de rebondissements, de l'émotion, un final grandiose. Bref, un spectacle total ! Le meilleur épisode de la saga depuis l'Empire contre-attaque. Lire ma critique
The Square (de Ruben Ostlund)
Charge féroce contre une société individualiste et bien pensante, le film est formellement virtuose, au service d'une fable drôle, absurde, cynique, caustique, parfois jusqu'au malaise. Lire ma critique
Wind River (de Tyler Sheridan)
Véritable western contemporain, le film est un thriller choc, aux images glaciales superbes et à la tension parfaitement entretenue. Lire ma critique
Mes mentions spéciales (par ordre alphabétique) :
Demain et tous les autres jours (de Noémie Lvovsky)
Un film singulier, à la fois onirique, doucement fantasque, intime, triste. Avec un épilogue bouleversant. A découvrir ! Lire ma critique
Good Time (des frères Safdi)
Un thriller noir, assez désespéré, mais qui offre un expérience cinématographique étonnante. Un véritable trip sous acide, hallucinant. Lire ma critique
Grand froid (de Gérard Pautonnier)
Sous des faux airs de film des frères Coen, c'est tout simplement un petit bijou d'humour noir, formidablement dialogué, qui n'a malheureusement pas trouvé son public. Lire ma critique
I am not Madame Bovary (de Feng Xiaogeng)
Ce film chinois, certes un peu long, est une fable caustique d'une beauté formelle incroyable : chaque plan est une véritable miniature. Lire ma critique
It comes at Night (de Trey Edxard Shults)
Excellent thriller paranoïaque, dans un contexte post-apocalyptique. Une fable crépusculaire sur la peur de l'autre, le repli sur soi. Très actuel ! Lire ma critique
Mise à mort du cerf sacré (de Yorgos Lanthimos)
Un film virtuose mais noir, très noir, et radical, au scénario jusqu'au-boutiste, cruellement cynique sur la nature humaine, la famille. Lire ma critique
Mother (de Darren Aronofsky)
Oui, le film est excessif, parfois grandiloquent, et provoque un trouble indéniable... mais quelle expérience visuelle d'une intensité rare ! Lire ma critique
Suburbicon (de Georges Clooney)
Je n'ai pas compris les réserves émises par la plupart des critiques. Cette comédie grinçante qui se termine en jeu de massacre est un vrai bonheur. Lire ma critique
Song to Song (de Terrence Malick)
Une histoire d'amour métaphysique et sensuelle... avec les images sublimes et aériennes de Terrence Malick ! Lire ma critique
The Wall (de Doug Liman)
Un film de guerre minimaliste et tendu, véritable huis-clos en plein air, qui opère une déconstruction en règle du mythe du héros. Lire ma critique
Deux films, tout de même, se détachent. Ce sont mes deux films de l'année. Je n'ai pas pu les départager : très différents, ce sont ceux qui m'ont le plus profondément marqué. Ensuite, une douzaine d'autres films me paraissent incontournables, ce sont mes "coups de coeur" de l'année. Et puis j'ai ajouté une catégorie "mentions spéciales" pour des films que j'ai aimé et qui sont sortis de façon confidentielle, ou ont été boudés par les spectateurs et/ou descendus par la critique.
Voici donc mon palmarès cinéma de 2017, en commençant par mes deux films de l'année :
Mes deux films de l'année : Lalaland et Silence
Une comédie musicale enthousiasmante, mais aussi un film moderne, euphorisant et drôle, romantique et nostalgique, onirique... Réalisé par le surdoué Damien Chazelle, avec une Emma Stone éblouissante et la musique de Justin Hurwitz. Un vrai bonheur !
Lire ma critique
Une fresque sobre et dense sur le doute et la foi. Un projet que Scorsese portait depuis 30 ans et ça se sent. Le ton est contemplatif, introspectif, avec une forte présence d'une voix off. Peu de musique, mais une bande son très subtile où les bruits paisibles de la nature se mêlent aux gémissements des martyrs. Sublime.
Lire ma critique
Mes coups de coeur (par ordre alphabétique)
Un film assez minimaliste et très original. Une fable poétique et vertigineuse sur la vie, la mort, le temps, l'oubli... Un chef d'oeuvre tout simplement envoûtant ! Lire ma critique
Au revoir là-haut (D'Albert Dupontel)
Dupontel, moins déjanté qu'à l'habitude, nous entraîne dans un film généreux, populaire dans le bon sens du terme, intelligent, et s'approprie brillamment le livre, prix Goncourt, de Pierre Lemaître. Lire ma critique
Baby Driver (d'Edgar Wright)
Edgar Wright invente le film de gangsters Rock'n Roll ! C'est brutal, décapant et jouissif ! Avec une bande son hyper cool et des scènes d'action fun et violentes, au rythme de la musique ! Lire ma critique
Blade Runner 2049 (de Denis Villeneuve)
Réaliser un suite à un film culte comme Blade Runner était un pari très risqué. Denis Villeneuve le relève haut la main. Le film est hypnotique et visuellement somptueux ! Lire ma critique
Detroit (de Kathryn Bigelow)
Rarement l'appellation "film coup de poing" aura été aussi justifiée. Virtuose sur la forme, fort sur le fond. Un film indispensable.
Lire ma critique
Dunkerque (de Christopher Nolan)
Un grand film de guerre. Au coeur de l'action, avec une tension suffocante, sur la plage, en mer, dans les airs, partout ! Magistral. Lire ma critique
Get Out (de Jordan Peele)
Une satire sociale acide qui utilise, avec brio, les codes du film d'horreur, pour s'attaquer au racisme "ordinaire". Lire ma critique
Les figures de l'ombre (de Theodore Melfi)
Sur fond de conquête spatiale, un bel hommage féministe et antiraciste à des combattantes de l'ombre. Avec un trio d'actrices pétillantes. Lire ma critique
Quelques minutes après minuit (de Juan Antonio Bayona)
Une magnifique fable philosophique aux accents fantastiques. Un film onirique, baroque, émouvant. Lire ma critique
Star Wars - Les derniers Jedi (de Rian Johnson)
Epique, spectaculaire, plein de rebondissements, de l'émotion, un final grandiose. Bref, un spectacle total ! Le meilleur épisode de la saga depuis l'Empire contre-attaque. Lire ma critique
The Square (de Ruben Ostlund)
Charge féroce contre une société individualiste et bien pensante, le film est formellement virtuose, au service d'une fable drôle, absurde, cynique, caustique, parfois jusqu'au malaise. Lire ma critique
Wind River (de Tyler Sheridan)
Véritable western contemporain, le film est un thriller choc, aux images glaciales superbes et à la tension parfaitement entretenue. Lire ma critique
Mes mentions spéciales (par ordre alphabétique) :
Demain et tous les autres jours (de Noémie Lvovsky)
Un film singulier, à la fois onirique, doucement fantasque, intime, triste. Avec un épilogue bouleversant. A découvrir ! Lire ma critique
Good Time (des frères Safdi)
Un thriller noir, assez désespéré, mais qui offre un expérience cinématographique étonnante. Un véritable trip sous acide, hallucinant. Lire ma critique
Grand froid (de Gérard Pautonnier)
Sous des faux airs de film des frères Coen, c'est tout simplement un petit bijou d'humour noir, formidablement dialogué, qui n'a malheureusement pas trouvé son public. Lire ma critique
I am not Madame Bovary (de Feng Xiaogeng)
Ce film chinois, certes un peu long, est une fable caustique d'une beauté formelle incroyable : chaque plan est une véritable miniature. Lire ma critique
It comes at Night (de Trey Edxard Shults)
Excellent thriller paranoïaque, dans un contexte post-apocalyptique. Une fable crépusculaire sur la peur de l'autre, le repli sur soi. Très actuel ! Lire ma critique
Mise à mort du cerf sacré (de Yorgos Lanthimos)
Un film virtuose mais noir, très noir, et radical, au scénario jusqu'au-boutiste, cruellement cynique sur la nature humaine, la famille. Lire ma critique
Oui, le film est excessif, parfois grandiloquent, et provoque un trouble indéniable... mais quelle expérience visuelle d'une intensité rare ! Lire ma critique
Suburbicon (de Georges Clooney)
Je n'ai pas compris les réserves émises par la plupart des critiques. Cette comédie grinçante qui se termine en jeu de massacre est un vrai bonheur. Lire ma critique
Song to Song (de Terrence Malick)
Une histoire d'amour métaphysique et sensuelle... avec les images sublimes et aériennes de Terrence Malick ! Lire ma critique
The Wall (de Doug Liman)
Un film de guerre minimaliste et tendu, véritable huis-clos en plein air, qui opère une déconstruction en règle du mythe du héros. Lire ma critique
mardi 26 décembre 2017
The Florida Project : une magnifique chronique sociale à hauteur d'enfants
Dans un motel en Floride, non loin de Disney World, Bobby (Willem Dafoe, excellent), le gérant, s'efforce de gérer avec humanité la population précaire qui y vit tant bien que mal. Parmi cette population, il y a Moonee, une petite fille de 6 ans au caractère bien trempé, qui vit avec sa jeune mère, instable, qui tente de s'en sortir avec des combines pas très légales. Pendant la journée, avec sa bande de gamins, Moonee fait les 400 coups !
The Florida Project est une magnifique chronique sociale à hauteur d'enfants. Le film est plein d'énergie et de vie grâce à ces enfants turbulents et espiègles, mais le propos est aussi désenchanté : les enfants semblent s'en sortir grâce à leur innocence... mais le monde des adultes, avec ses violences et ses hypocrisies, les menace. A cet égard, la fin du film est géniale et lourde de sens pour ces enfants dont le seul recours semble être l'imaginaire... et le "merveilleux monde de Disney" ! Cruel.
Le casting, pour beaucoup constitué de comédiens amateurs, est excellent. A commencer par les enfants ! La petite Brooklynn Prince, dans le rôle de Moonee, est même exceptionnelle !
The Florida Project est un film où on rit beaucoup avec les enfants.. mais où on finit aussi par pleurer avec eux.
The Florida Project est une magnifique chronique sociale à hauteur d'enfants. Le film est plein d'énergie et de vie grâce à ces enfants turbulents et espiègles, mais le propos est aussi désenchanté : les enfants semblent s'en sortir grâce à leur innocence... mais le monde des adultes, avec ses violences et ses hypocrisies, les menace. A cet égard, la fin du film est géniale et lourde de sens pour ces enfants dont le seul recours semble être l'imaginaire... et le "merveilleux monde de Disney" ! Cruel.
Le casting, pour beaucoup constitué de comédiens amateurs, est excellent. A commencer par les enfants ! La petite Brooklynn Prince, dans le rôle de Moonee, est même exceptionnelle !
The Florida Project est un film où on rit beaucoup avec les enfants.. mais où on finit aussi par pleurer avec eux.
A Ghost Story : une fable poétique et vertigineuse
Après sa mort, un homme devient un fantôme et revient dans la maison où il vivait avec sa femme. Et il l'observe... mais il se rend compte que désormais le temps ne se déroule pas pour lui comme lors de son vivant.
A Ghost Story est un film assez minimaliste et très original. C'est une fable poétique et vertigineuse sur la vie, la mort, le temps, l'oubli... Un chef d'oeuvre tout simplement envoûtant !
Contemplative, la caméra de David Lowery filme le quotidien d'un couple de façon intimiste. L'écran est en 4/3, un format resserré qui donne l'impression au spectateur d'observer par une fenêtre ou le trou d'une serrure... D'ailleurs, tout au long du film, le travail sur l'image est remarquable, plein d'inventivité. Il y a des plans d'une beauté, d'une poésie, d'une force incroyables. Et puis il y a ce fantôme omniprésent... et invisible aux yeux des protagonistes, avec l'idée géniale de le représenter sous un simple drap blanc, avec juste deux trous pour les yeux. Et ça fonctionne au-delà de ce qu'on peut imaginer ! Ca n'est jamais ridicule, toujours poétique. Fascinant.
Les scènes où le fantôme observe en silence sa femme sont extrêmement touchantes, autour de l'absence et du deuil. Et puis le film prend petit à petit une nouvelle dimension, philosophique, pour évoquer le temps, le souvenir, l'oubli... et pour finir de façon assez vertigineuse.
Le film a très peu de dialogue. Une seule fois, le film devient bavard, au cours d'une fête où un homme se lance dans un long discours, assez grandiloquent, qui contraste avec le reste de l'histoire. Mais l'essentiel se déroule dans le silence. Du coup, la musique est très présente tout au long du film. La bande originale, signé par Daniel Hart, est d'ailleurs excellente.
Il faut aussi souligner la formidable prestation de Rooney Mara (comme d'habitude...) qui fait passer tant de choses simplement en mangeant avec rage une tarte, sous le regard invisible de son fantôme de mari, dans un des plans séquences les plus incroyables de l'année !
A Ghost Story est un film assez minimaliste et très original. C'est une fable poétique et vertigineuse sur la vie, la mort, le temps, l'oubli... Un chef d'oeuvre tout simplement envoûtant !
Contemplative, la caméra de David Lowery filme le quotidien d'un couple de façon intimiste. L'écran est en 4/3, un format resserré qui donne l'impression au spectateur d'observer par une fenêtre ou le trou d'une serrure... D'ailleurs, tout au long du film, le travail sur l'image est remarquable, plein d'inventivité. Il y a des plans d'une beauté, d'une poésie, d'une force incroyables. Et puis il y a ce fantôme omniprésent... et invisible aux yeux des protagonistes, avec l'idée géniale de le représenter sous un simple drap blanc, avec juste deux trous pour les yeux. Et ça fonctionne au-delà de ce qu'on peut imaginer ! Ca n'est jamais ridicule, toujours poétique. Fascinant.
Les scènes où le fantôme observe en silence sa femme sont extrêmement touchantes, autour de l'absence et du deuil. Et puis le film prend petit à petit une nouvelle dimension, philosophique, pour évoquer le temps, le souvenir, l'oubli... et pour finir de façon assez vertigineuse.
Le film a très peu de dialogue. Une seule fois, le film devient bavard, au cours d'une fête où un homme se lance dans un long discours, assez grandiloquent, qui contraste avec le reste de l'histoire. Mais l'essentiel se déroule dans le silence. Du coup, la musique est très présente tout au long du film. La bande originale, signé par Daniel Hart, est d'ailleurs excellente.
Il faut aussi souligner la formidable prestation de Rooney Mara (comme d'habitude...) qui fait passer tant de choses simplement en mangeant avec rage une tarte, sous le regard invisible de son fantôme de mari, dans un des plans séquences les plus incroyables de l'année !
A Ghost Story est, pour son originalité, sa poésie et sa profondeur, un de mes coups de coeur de l'année !
La promesses de l'aube : une adaptation sans âme
Le film est une adaptation du roman autobiographique de Romain Gary, son enfance en Pologne, son adolescence à Nice, ses exploits d'aviateur en Afrique pendant la Deuxième Guerre mondiale... et surtout l'influence de sa mère omniprésente et envahissante.
Ca aurait pu faire un grand film épique... mais les épisodes s'enchaînent et le film manque cruellement de souffle. La réalisation est certes soignée, et classique, mais sans âme. Et les quelques décrochages dans le récit avec un Romain Gary plus âgé, outre le fait que Pierre Niney n'y est pas crédible, n'apporte rien au film...
Heureusement qu'il y a Charlotte Gainsbourg, remarquable dans le rôle de cette mère possessive et étouffante, parlant tantôt en polonais tantôt en français avec un accent russe.
Ca aurait pu faire un grand film épique... mais les épisodes s'enchaînent et le film manque cruellement de souffle. La réalisation est certes soignée, et classique, mais sans âme. Et les quelques décrochages dans le récit avec un Romain Gary plus âgé, outre le fait que Pierre Niney n'y est pas crédible, n'apporte rien au film...
Heureusement qu'il y a Charlotte Gainsbourg, remarquable dans le rôle de cette mère possessive et étouffante, parlant tantôt en polonais tantôt en français avec un accent russe.
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