Un film délicat, drôle et émouvant, qui trouve le ton juste : entre tendresse et légèreté, comédie et drame, c'est un film qui va droit au cœur.
À Sarcelles, en 1995, Erika élève seule ses deux enfants. Sa fille Abigaëlle est persuadée que son père, qu’elle n’a jamais connu et qui ne répond pas à ses lettres, l’aime en silence. L’idée de retrouver son père devient une obsession. Sa mère se sent obligée de l’aider, tout en cherchant à la protéger.
Quelques mots d’amour est un film délicat, drôle et émouvant, qui trouve le ton juste : entre tendresse et légèreté, comédie et drame, c'est un film qui va droit au cœur. Le récit se déroule avec un naturel confondant, sans doute grâce à des dialogues partiellement improvisés, et grâce à une plongée réussie dans les années 1990 (pas d’Internet pour les recherches, seulement le minitel…). Il intègre aussi de nombreuses touches d’humour bienvenues, par exemple avec les jeunes enfants ou les amis bien intentionnés mais maladroits.
Le film évoque l’importance, et la complexité, des liens familiaux. Il s’attarde en particulier sur le lien mère-fille, plus complexe à l'âge de l’adolescence, et sur la quête du père absent, source d’espoir toujours déçu. On mesure aussi le poids des silences et des non-dits, celui des attentes et des désillusions, et par-dessus tout, le besoin d'être aimé. L’histoire peut sembler banale mais c’est sa justesse, son équilibre et son naturel qui emportent l’adhésion, haut la main.
Dans le rôle de la mère célibataire qui fait face, tant bien que mal, Hafsia Herzi est fidèle à elle-même, intense et sensible. Les jeunes acteurs, enfants et adolescents, sont épatants de vérité.
Au final, c’est un film qui donne envie de dire à nos proches qu’on les aime. Les mots d'amour qu’on dit ont une force insoupçonnée, et leur absence laisse des blessures profondes.

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