Une étonnante plongée au cœur de la société haïtienne d’aujourd'hui, avec ses contrastes, ses contradictions, ses blessures, ses espoirs, sa violence.
En Haïti, Marie Madeleine est une prostituée. Lorsqu’une nouvelle église se construit juste en face de la maison close où elle travaille, elle fait la rencontre de Joseph, le fils du pasteur. Une relation se noue entre ces deux êtres que tout oppose.
Marie Madeleine nous embarque dans une étonnante plongée au cœur de la société haïtienne d’aujourd'hui, avec ses contrastes, ses contradictions, ses blessures, ses espoirs, sa violence. Un pays où la religion est omniprésente et s’affiche partout, jusque sur les voitures. Si elle imprègne la société haïtienne, elle a tendance aussi à enfermer dans des postures de jugement, de faux semblants et d’hypocrisie.
Même si le film désamorce le parallèle - le nom de Marie Madeleine, la prostituée, ne vient pas de l'Évangile mais de sa grand-mère - on ne peut s’empêcher d’y penser. Jésus n’a-t-il pas dit aux chefs religieux de son temps que les prostituées les devancent dans le Royaume de Dieu ? Le propos du film n’est pas religieux mais il vise bien à faire éclater les carcans et les a priori.
Le récit peut paraître parfois confus, et certaines scènes manquent de naturel (en partie à cause d’acteurs parfois approximatifs). Cela n’empêche pas le film d'être souvent fascinant, grâce à une réalisation enfiévrée, aux couleurs vives et aux accents oniriques. Quelques scènes sont marquantes, envoûtantes (les scènes nocturnes de danse) ou très émouvantes (comme le face-à-face silencieux du dernier plan, entre les deux femmes liées à Joseph).

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