lundi 26 août 2019

Roubaix, une lumière : un polar psychologique sobre et intense

À Roubaix, Daoud, le chef de la police locale, et Louis, un jeune lieutenant fraichement arrivé dans le commissariat, enquêtent sur différentes affaires. Parmi elles, le meurtre d'une vieille dame, dans un quartier populaire de la ville.

Roubaix, une lumière n'est pas vraiment un polar, bien que le film tourne autour d'une enquête policière. Il s'agit plutôt d'un film réaliste, sobre et intense, qui explore avec compassion l'âme humaine en détresse.

Au début, le film est une évocation réaliste, presque documentaire, de la vie d'un commissariat de police. On suit plusieurs enquêtes menées par un flic expérimenté et un jeune lieutenant. C'est l'occasion de décrire le contexte de misère sociale. Et puis on se focalise sur l'une des enquêtes, autour du meurtre d'une vieille dame, tout en gardant les autres enquêtes en fil rouge. Cette deuxième moitié du film est passionnante. L'enquête elle-même, avec notamment ses longues scènes d'interrogatoires, réalisées de façon précise et immersive, tient en haleine. Mais la force du film est aussi dans le regard plein d'humanité, et même de compassion, posé sur ses protagonistes principaux : un commissaire expérimenté, homme solitaire et peu loquace, viscéralement attaché à la ville où il a grandi et capable, avec sa force tranquille, de démasquer la vérité ; un jeune lieutenant de police, qui manque encore de confiance en lui et qui cherche un équilibre personnel dans sa foi ; et puis un couple de jeunes femmes un peu paumées, cabossées par la vie, et dans une relation ambiguë. Ces quatre personnages sont incarnés par un formidable quatuors d'acteurs et d'actrices, à commencer par Roschdy Zem, qui donne une épaisseur incroyable au commissaire Daoud, et Sara Forestier, extraordinaire dans le personnage toute en fragilité de Marie. Mais il faut mentionner aussi Léa Seydoux dans le rôle trouble de Claude et Antoine Reinartz, qui avait été révélé par le film 120 battements par minute, dans celui du jeune lieutenant de police.

Roubaix, une lumière, est un film tout en sobriété mais d'une belle intensité (soulignée par la musique, très présente mais avec discrétion, de l'excellent Grégoire Hetzel). C'est une sorte de polar psychologique qui enquête autant sur les crimes que sur les tréfonds de l'âme humaine.

Les Baronnes : un film de gangster féministe qui se prend peut-être un peu trop au sérieux

New York, 1978. Kathy, Ruby et Claire sont mariées à trois des principaux mafieux de la pègre irlandaise. Lorsque ces derniers sont arrêtés et emprisonnés par le FBI, elles se retrouvent dans une situation précaire. Elles décident alors de prendre leur destin en main. Elles se font une place, éliminent la concurrence et prennent en main les affaires familiales. Mais que se passera-t-il lorsque leurs maris sortiront de prison ? 

Tiré d'un comics, Les Baronnes est un film de gangster féministe, dans l'air du temps : on est bien en période post-#metoo. Les femmes ont leur vengeance, elles se rebellent contre les violences subies et pour prendre une place qu'on leur refusait (le titre original, The Kitchen, joue sur le double sens de la cuisine où les femmes étaient cantonnées et le nom du quartier irlandais de New York : Hell's Kitchen). Sous cet angle, le film est plutôt plaisant !

Le problème, c'est que le film hésite dans le ton à adopter... Et finalement, à part une ou deux scènes à l'humour noir décalé, Les Baronnes se révèle être un film qui se prend sans doute un peu trop au sérieux ! Le film souffre aussi d'un manque de rythme dans son ensemble.

Malgré tout le film n'est pas désagréable. La plongée dans les 70's est toujours sympathique. Et les trois actrices principales (Melissa McCarthy, Tiffany Haddish et Elisabeth Moss) sont convaincantes.

lundi 19 août 2019

Le gangster, le flic et l'assassin : un polar musclé filmé avec panache

Un redoutable chef de gang est attaqué par un homme qui tente de l'assassiner mais qui parvient à prendre la fuite. De son côté, un inspecteur de police intrépide est persuadé qu'il s'agit d'un tueur en série qu'il cherche à coincer depuis un moment déjà. Le flic et le gangster vont accepter d'unir leurs forces pour mettre la main sur cet homme. Si le flic veut qu'il soit jugé, le gangster n'a qu'une idée en tête : le voir mourir.

Le gangster, le flic et l'assassin est un polar noir et musclé. C'est une sorte de western urbain, avec ses personnages archétypaux et son histoire de justicier et de vengeance.

Le film ne fait pas dans la finesse... mais c'est très spectaculaire ! On peut même dire que le réalisateur, Lee Won-Tae, fait preuve d'un certain panache. Les scènes de combat, parfois très violentes (comme souvent dans le cinéma coréen), et les poursuites effrénées sont pleines d'énergie, grisantes.

Quant au dénouement dénouement de l'histoire, on peut le juger immoral ou contestable... Mais ne peut-on pas aussi y voir un certain cynisme, à prendre au deuxième degré, qui interroge l'exercice de la justice ?

Je promets d'être sage : une comédie romantique agréable

Franck décide de changer de vie. Fini le théâtre et ses pièces expérimentales : il aspire à une vie calme et posée. Il accepte donc un poste d'agent de surveillance dans un musée en Bourgogne. Mais c'est sans compter avec Sibylle, qui travaille elle aussi dans le musée et l'accueille pour le moins froidement et de façon agressive. Ils vont pourtant se retrouver alliés dans une petite escroquerie à partir d'oeuvres d'art de la collection du musée...

Je promets d'être sage est une comédie romantique qui se regarde avec plaisir. Si le cadre est plutôt original (les coulisse d'un musée), l'histoire, elle, est sans grande surprise mais offre à ses deux comédiens principaux l'occasion de démontrer tout leur talent. Et on sait que Léa Drucker et Pio Marmaï n'en manquent pas ! Alors on passe un bon moment devant leurs facéties, d'autant que leur duo fonctionne bien.

Perdrix : une formidable comédie romantique au ton singulier

Pierre Perdrix est capitaine de la gendarmerie dans une petite ville. Il y vit avec sa mère, son frère et la fille de ce dernier. Sa vie bien rangée est perturbée avec l'arrivée de Juliette, qui s'est fait voler sa voiture, dans laquelle se trouvait toute sa vie consignée dans ses carnets, par une femme membre d'un groupe de nudistes révolutionnaires.

Perdrix est une comédie romantique lunaire, avec un ton tout à fait singulier, quelque part entre Quentin Dupieux et Wes Anderson... C'est drôle et surréaliste, mais le film sait aussi se montrer tendre et poétique, avec parfois même des envolées métaphysiques.

Même si on se doute vite de la façon dont le film va se terminer, on est constamment surpris par l'histoire, par les personnages rencontrés, les rebondissements et les dialogues savoureux. On pense, par exemple, au moment où Juliette rencontre Pierre et sa famille étrange, où lorsque tous les gendarmes évoquent, autour de la table, la personnalité de leur capitaine, en sa présence. 

Si le film parle d'amour, il parle aussi de solitude et de liberté. Avec Pierre qui fait office de père de substitution dans sa famille et qui vit à travers et pour les autres... et s'interdit de penser à lui. Avec Juliette qui ne tient pas en place, en fuite perpétuelle, consignant toute sa vie dans ses carnets... et qui s'interdit de s'attacher. Avec la mère qui ne s'est jamais remise du décès de son mari, qui parle d'amour dans une émission de libre parole sur la radio locale... mais s'interdit de refaire sa vie. Ou avec Julien, le frère de Pierre, dont la femme est partie, qui met toute son énergie dans l'étude des vers de terre... et qui s'interdit d'aimer sa fille.

Comment l'amour pourra-t-il naître ou renaître dans la vie de ces personnages qui se cherchent, comment arriveront-ils à se libérer, à se trouver ? Le film y répond avec humour, poésie et tendresse, grâce aussi à un casting excellent, tant dans les rôles secondaires que dans le duo formé par Swann Arlaud et Maud Wyler.

Premier film réalisé par Erwan Le Duc, Perdrix est vraiment une formidable comédie romantique, pas comme les autres !

mercredi 14 août 2019

Once Upon a Time in Hollywood : un Tarantino pur jus qui ne ressemble pourtant à aucun autre Tarantino !

1969, à Hollywood. Rick Dalton est acteur. Il est connu pour son rôle dans une série télévisée à succès mais au cinéma, il est cantonné dans les seconds rôles, incarnant toujours les méchants. Cliff Booth est cascadeur, doublure attitrée de Rick depuis de longues années, et accessoirement chauffeur, homme à tout faire et assistant de Rick. Ils tentent de poursuivre leur carrière dans le monde impitoyable de Hollywood.

Once Upon a Time in Hollywood, c'est du Tarantino pur jus. On y retrouve la patte incomparable du réalisateur : des dialogues savoureux, de l'humour, une caméra virtuose, une bande son incroyable... et l'inévitable déchaînement de violence, une marque de fabrique du réalisateur, mais qui n'arrive ici pratiquement qu'en toute fin de film. Et c'est vraiment très violent. Et très tarantinien ! La scène agit comme un exutoire, véritablement porteur de sens (mais je n'en dirai pas trop, pour ne pas spoiler l'histoire...).

Mais en même temps, il faut reconnaître que le film ne ressemble à aucun autre film de Tarantino. Il est empreint de nostalgie, et même d'une étonnante mélancolie, avec une réelle tendresse, notamment pour ses deux héros, ces sans grades de l'industrie du cinéma.

Avec un titre pareil, on comprend que le film est aussi un hommage au cinéma, en particulier au Hollywood des années 60. Le film est ultra-référencé, très cinéphile (très pointu sur les westerns spaghettis !), mais aussi sur les séries ou les émissions de télévision et, bien-sûr, la musique ! Un régal !

Ce neuvième film de Tarantino est aussi un film-somme qui récapitule toute l'oeuvre du réalisateur. Il est rempli d'auto-citations et de références à ses propres films. Avec en guests plusieurs de ses acteurs fétiches (vous les découvrirez !)... et la fille d'Uma Thurman dans un petit rôle.

Le film parle aussi de besoin de reconnaissance, de succès et de réussite. Il parle d'amitié avec la jolie relation entre Rick et Cliff, génialement interprétés par Leonardo Di Caprio et Brad Pitt. Quel kiffe de les voir ensemble sur l'écran ! L'ensemble du casting est d'ailleurs incroyable.

Enfin, même si on rit beaucoup, le film a un côté vraiment bouleversant, comme jamais dans la filmographie de Tarantino. J'ai déjà évoqué la nostalgie et la mélancolie qui s'en dégage dans son ensemble mais la fin du film (dont je me retiens de dire quoi que ce soit !!!), douce-amer, infiniment mélancolique, et tendre, est absolument bouleversante. Non, on n'est pas là seulement pour rigoler...

Quant à la réalisation, elle est, évidemment, virtuose, comme toujours chez Tarantino (les scènes de tournage d'un western sont des très grands moments). Il s'amuse à mélanger la réalité et la fiction, en faisant se côtoyer des personnages réels et des personnages fictifs. A tel point qu'on ne sait plus ce qui est vrai historiquement et ce qui ne l'est pas. D'ailleurs, si la reconstitution du Hollywood des années 60 est bluffante de réalisme, le réalisateur s'autorise, comme à son habitude, une grande liberté quant à l'exactitude historique. C'est la magie du cinéma ! Et Once Upon a Time in Hollywood est du grand cinéma !

lundi 12 août 2019

Fast & Furious - Hobbs & Shaw : spectaculaire et divertissant... si vous déconnectez votre cerveau !

Hobbs et Shaw ne peuvent pas se sentir... Mais lorsque le meilleur agent du MI6, qui n'est autre que la soeur de Shaw, est en fuite avec un redoutable virus qui peut décimer la population mondiale, ils devront faire équipe pour la retrouver avant Brixton, une vieille connaissance de Shaw devenu un dangereux terroriste... et un être humain augmenté.

Je dois l'avouer : je n'ai vu aucun film de la franchise Fast & Furious ! Mais je me suis dit que je n'aurais quand même pas trop de mal à suivre ce spin-off, dont le scénario ne devrait pas me réserver trop d'éléments insurmontables à comprendre !

Je ne m'attendais pas à un film d'auteur... et je n'ai pas été déçu ! C'est du grand n'importe quoi, complètement invraisemblable et régressif. Mais c'est assumé ! Alors pourquoi pas ? Mais si on veut apprécier ce genre de film, il vaut mieux évidemment déconnecter son cerveau. Et si on le fait, on peut passer un bon moment. Hobbs et Shaw se révèle finalement divertissant et spectaculaire, avec es scènes d'action abracadabrantesques. Bon, l'humour est franchement un peu lourd (mais parfois drôle quand même). Par contre, la morale "humaniste" à la fin est ridicule, comme les "moments d'émotion" autour de la famille !

Une grande fille : remarquablement réalisé mais un peu froid

1945, en Russie, la Deuxième Guerre mondiale est terminée depuis quelques mois à peine. Les habitants de Leningrad tentent tant bien que mal de reprendre une vie "normale", dans des conditions de vie difficile. Parmi eux, deux jeunes femmes, dont l'amitié est née sur le front, tentent de se reconstruire, malgré les traumatismes.

Une grande fille est un drame avec une atmosphère lourde, parfois asphyxiante, décrivant une réalité quotidienne assez sordide. La scène d'ouverture donne le ton, glaçant : Iya, une jeune femme, est debout, immobile, tétanisée, au milieu d'autres femmes qui s'activent dans leur travail. On apprendra qu'elle se fige ainsi régulièrement, de façon soudaine, pendant de longues minutes, suite à un traumatisme subit au front et qui a provoqué sa démobilisation. Elle est désormais infirmière dans un hôpital qui accueille les blessés de guerre et habite dans des conditions précaires avec Pashka, son fils. Son amie Masha la retrouve quelque temps plus tard. On apprendra petit à petit ce qui lie les deux jeunes femmes, et on apprendra aussi leurs traumatismes de la guerre. Toutes deux vont, malgré tout, tenter de se reconstruire.

La mise en scène du jeune réalisateur russe Kantemir Balagov (il n'a que 30 ans) est remarquable, avec une esthétique forte et une caméra parfois fiévreuse, jouant avec la lumière, avec les couleurs (le vert, le rouge...). Le rythme est lent, parfois même suspendu. C'est assez fascinant... mais le film est un peu long, et un peu froid. Je dois dire que je n'ai pas été vraiment touché, ému, par le destin pourtant tragique de ses deux héroïnes.

lundi 5 août 2019

Midsommar : malaisant mais extrêmement brillant !

Dani et Christian sont ensemble depuis plus de trois ans mais leur couple bat de l'aile. C'est alors que Dani est touchée par un terrible drame familial, et Christian ne peut se résoudre, dans ces conditions, à la laisser seule. Alors ils restent ensemble... Six mois plus tard, Christian invite Dani à l'accompagner, avec quelques uns de ses amis - sur l'invitation de l'un d'entre eux - dans un voyage d'étude (il est étudiant en anthropologie). Ils se rendent dans un coin perdu de Suède où doit se dérouler un étonnant festival pendant le solstice d'été, qui n'a lieu que tous les 90 ans.

Défini par son réalisateur comme un conte de fée horrifique, Midsommar appartient sans aucun doute à la famille des films d'horreur (ce qui en fait un film qui n'est absolument pas tout public !) mais il relève aussi du thriller psychologique, voire psychanalytique.

La longue introduction, avant le générique de début, est essentielle pour comprendre l'intention du film : il va d'abord parler de deuil et de rupture amoureuse. Peut-être aussi de dépression. Mais il va aussi par la suite ouvrir de nombreuses autres pistes, sans forcément toujours les exploiter, pour laisser au spectateur voir ce qu'il veut voir dans cette histoire troublante : peurs primales, mécanismes d'embrigadement sectaire, interrogation du rapport à la nature, tension entre l'individu et la communauté, affirmation féministe (et castration masculine...) et bien d'autres choses encore...

Le film fascine par la maîtrise et la virtuosité de sa mise en scène. C'est absolument brillant. On est très loin des ressorts faciles dont les films d'horreur abusent souvent pour faire sursauter les spectateurs. Le réalisateur prend son temps pour instaurer une atmosphère lourde et ambiguë. Mais on sait très vite que ça va mal tourner pour les personnages principaux. Et on n'est pas forcément surpris par ce qui survient. Ce qui n'ôte pourtant rien au choc ressenti face à quelques scènes très violentes et/ou très malaisantes. Avec, en plus, cette idée géniale de raconter une histoire glauque et morbide baignée dans la lumière éclatante du solstice d'été, là où il ne fait jamais nuit.

En réalité, le film fait penser à un opéra : on commence par un lever de rideau, il y a beaucoup de musique et des scènes chorégraphiées, et puis il y a un formidable climax final, sur fond de musique aux accents wagnériens. Cette scène finale est d'ailleurs assez extraordinaire, et sa dernière image, dérangeante, laisse plusieurs interprétations possibles...

Il faut aussi souligner la performance extraordinaire de Florence Pugh dans le rôle de Dani. Déjà remarquée dans The Young Lady, elle fait preuve ici d'une présence et d'une palette de comédienne impressionnante.

Un an après Hérédité, Ari Aster, 33 ans, confirme tout son talent de réalisateur. Il a annoncé qu'il allait maintenant se tourner vers d'autres genres que l'horreur, peut-être la comédie ou le mélodrame. On a hâte de voir ça !

Les faussaires de Manhattan : arnaque et solitude... et ennui

Lee Israel vit seule avec son chat. Elle a eu quelques succè en tant qu'écrivaine, en son temps, mais elle est aujourd'hui sans le sou. Un peu par hasard, elle se découvre le don d'imiter parfaitement le style de grands romanciers. Elle a alors l'idée de rédiger de fausses lettres d'auteurs célèbres et de les vendre à des collectionneurs. Avec l'aide de son ami Jack, leur arnaque est florissante... jusqu'à ce que des soupçons commencent à faire surface.

Basé sur des faits réels, Les faussaires de Manhattan (Can You Ever Forgive Me en vo) aurait pu, sur le papier, être une histoire grisante ou simplement touchante...

Le problème est que le film manque cruellement de rythme, la mise en scène est assez impersonnelle et l'histoire n'est en fait pas très passionnante... Je suis resté à distance des deux personnages principaux, qui n'inspirent ni empathie ni aversion. Finalement, le film nous raconte une histoire assez triste, une chronique désabusée de la solitude, qui pourrait presque être déprimante...

Reste l'interprétation de ses deux acteurs principaux, avec une Melissa McCarthy méconnaissable et un Richard E. Grant qui semble bien s'amuser. Moi, par contre, je me suis ennuyé...