lundi 27 juillet 2020

The King of Staten Island : chronique douce-amère d'un adulescent qui se cherche


Scott a 24 ans. Son père pompier est mort alors qu’il avait 7 ans. Aujourd’hui, il passe le plus clair de son temps à glander et fumer de l’herbe avec ses potes, même s’il rêve d’ouvrir un restaurant / salon de tatouage. Alors que sa soeur quitte la maison pour entrer à la fac, Scott vit toujours au crochet de sa mère. Mais cette dernière commence à fréquenter Ray, lui aussi pompier. Et ça, ça ne plaît vraiment pas à Scott… 

The King of Staten Island est une comédie douce-amère, une chronique d’un adulescent qui se cherche. La scène d’ouverture est révélatrice du personnage central : il est dans une fuite en avant auto-destructrice… mais pas vraiment assumée. Il faut dire que Scott, même s’il refuse de l’admettre, n’a pas encore fait son travail de deuil depuis la mort de son père, dont le souvenir est idéalisé. Le fait que sa mère, après 17 ans de veuvage, commence enfin une nouvelle relation, qui plus est avec un pompier, sera l’occasion pour Scott de commencer un chemin, chaotique, vers la lumière. 

Le film est d’abord une comédie. Et on rit beaucoup. Mais c’est aussi un portrait attachant et émouvant, qui va même jusqu'à flirter parfois avec le mélodrame. Bref, on passe par toute une gamme d’émotions, avec bonheur. Autour de Scott gravitent des personnages attachants, qui se révèlent en général plus complexes que la première impression qu’ils donnent. L’histoire permet d’évoquer le difficile travail de deuil et de reconstruction, son impact sur la personnalité et la vie. On perçoit aussi dans le film les fantômes du 11 septembre. D’ailleurs on apprend au début du générique de fin que le film est dédié à Scott Davidson, le père de Pete Davidson, l'acteur principal du film, qui était lui-même pompier et qui est mort dans l'effondrement du World Trade Center… 

La révélation du film, pour moi, c’est Pete Davidson, son acteur principal. Il est tout simplement génial dans le rôle de Scott, très drôle mais aussi très juste dans son jeu. L’ensemble du casting est d’ailleurs formidable, à commencer par une Marisa Tomei touchante dans le rôle de Margie, la mère de Scott.  

Un comédie drôle et attachante. 
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The King of Staten Island, un film réalisé par Judd Apatow

mardi 21 juillet 2020

Tout simplement noir : une comédie gonflée qui met les pieds dans le plat


JP a 38 ans. Acteur raté, il fait le buzz sur Internet avec des vidéos un peu provoc sur la situation des Noirs en France. Mais il a un grand projet : organiser une grande marche de contestation, réservée aux hommes noirs. Alors il tente de convaincre des personnalités influentes de relayer l’info dans leur réseau… mais il ne maîtrise pas toujours sa communication !

Tout simplement noir est une comédie gonflée qui met les pieds dans le plat. Et ça fait du bien ! Contrairement à ce qu’on pouvait peut-être craindre avec la bande-annonce, le film n’est pas simplement une grosse farce mais c’est une comédie bien plus fine qu’elle n’apparaît au premier abord. 

Sur le plan cinématographique, c’est plutôt basique. Le film est constitué de rush du tournage d’un documentaire sur JP. L’intérêt du film n’est pas là… mais dans les situations burlesques rencontrées par le héros, dans des dialogues qui font mouche et dans l’autodérision des célébrités jouant leur propre rôle (Fary, Fabrice Eboué, Eric Judor, Claudia Tagbo… et bien d’autres guests, y compris des surprises). Et, mine de rien, derrière son ton de farce, le film aborde des questions aussi pertinentes que le communautarisme, le métissage, l’intégration, le rapport à l’histoire (colonialisme, esclavage…), l’engagement militant… 

Et vers la fin du film, une scène rappelle qu’au-delà de la comédie, il y a quand même bien un problème... A l’écart de la caméra qui le suit, JP se fait arrêter sans raison, en pleine rue, par des policiers, une scène qui ne peut que rappeler une certaine actualité... Et puis il y a aussi le générique de fin, avec quelques images sur un rap qui retrace quelques faits historiques qu’il ne faut pas oublier… 

Alors oui, on rit. Certaines scènes sont même très drôles (et gonflées : la discussion entre Noirs, Arabes et Juifs !) Mais cette comédie qui met les pieds dans le plat arrive vraiment au bon moment et rappelle combien l’humour est important pour parler de sujets qu’on ose à peine aborder aujourd'hui !
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Tout simplement noir, film réalisé par Jean-Pascal Zadi et John Wax


lundi 20 juillet 2020

Exit : le film catastrophe revisité avec brio


Rie est une journaliste danoise. Elle visite le chantier du métro de Copenhague pour réaliser des portraits des ouvriers dans le cadre d’un projet sur la coopération européenne. Mais sous terre, un incident se produit. Elle se retrouve bloquée dans un sas de décompression aux côté de deux ouvriers. 

Exit revisite avec brio le genre du film catastrophe, de façon assez radicale et très sombre. Minimaliste, le film est réalisé pratiquement sans effet spéciaux mais au plus proche de l’angoisse. C’est remarquablement immersif : claustrophobique, étouffant, éprouvant. Mais ce n’est pas qu’un film catastrophe efficace. Il a indéniablement une portée métaphysique : sous terre, animé du seul instinct de survie, le tréfonds de l'âme humaine se révèle... et ce n’est pas forcément joli joli. Sans dévoiler les rebondissements et le dénouement de l’histoire, disons simplement que nos trois héros vont monotrer que la nature humaine n’est pas faite que de solidarité et d’altruisme… Et de ce point de vue, le plan final est assez terrible. 

Il y a sans doute aussi une dimension socio-politique dans le film. Ce n’est pas un hasard si cette journaliste danoise, qui prend des photos et pose des questions un peu naïves aux ouvriers sur la grandeur du projet européen, se retrouve coincée sous terre avec un ouvrier croate séparé de sa famille et un réfugié érythréen sans doute clandestin… Ce sont eux qui font le sale boulot dangereux, pour le confort de ceux qui sont comme Rie, la journaliste. Mais là, ils sont logés à la même enseigne, et vont devoir lutter pour survivre. 
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Exit, film danois réalisé par Rasmus Kloster Bro


Lucky Strike : un jeu de massacre assez jubilatoire


Un employé d’un sauna tombe, dans un casier, sur un sac rempli de billets. Il le dépose dans la remise, se gardant bien de dire ce qu’il contient… mais personne ne vient le rechercher. Au même moment, un corps découpé en morceaux est retrouvé sur la plage. On découvrira plus tard comment les deux choses sont liées, comme bien d’autres d’ailleurs !

Polar sanglant, film noir à l'humour grinçant, satire sociale… c'est bien du cinéma coréen. Et du bon ! Grâce à un scénario malin et ludique, qui croise les différents fils narratifs de façon non chronologique pour finalement les nouer dans une résolution (presque) morale, le film apparaît comme une sorte de conte moderne et cruel sur l'attrait et les dangers de l'argent. Mais, comme le précise l’affiche, “bien mal acquis ne profite jamais”… Le film l’illustre de manière caustique, dans un véritable jeu de massacre assez jubilatoire. Certains évoquent une parenté avec Tarantino (pour le chapitrage du film et la violence ?), j’ai plus pensé aux frères Coen, pour l’humour noir et le cynisme. Mais à la sauce coréenne, évidemment.

Il faut préciser que la réalisation est assez sophistiquée, très maîtrisée, avec un sens de la mise en scène remarquable. Et c'est pourtant un  premier film pour son réalisateur Yong-hoon Kim ! A ne pas manquer, surtout si vous êtes fan de cinéma coréen... 

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Lucky Strike, film coréen réalisé par Yong-hoon Kim

jeudi 9 juillet 2020

The Vast of Night : une petite merveille SF à ne pas manquer !


Dans les années 50, dans une petite ville du Nouveau-Mexique, alors que la plupart des habitants assistent à un match de basketball, Fay, une jeune opératrice de téléphone, et Everett, un animateur de la radio locale, découvrent une étrange fréquence avec un signal sonore mystérieux. Everett décide alors de diffuser le signal sonore sur les ondes en faisant un appel à témoins, au cas où un de ses auditeurs saurait quelque chose qui puisse les aider à résoudre cette énigme… 

Film indépendant, au budget très réduit, The Vast of Night est une petite merveille de science-fiction intelligente, remplie de clins d’oeil au genre. Dès l’ouverture, et tout au long du film, on perçoit la référence appuyé à la série culte des années 50 et 60, The Twillight Zone (La 4e dimension en français). Mais il y a aussi du Spielberg dans ce film (on pense immanquablement à Rencontres du Troisième Type)... Un récit d’extra-terrestre malin, qui fait la part belle aux dialogues, empreint de nostalgie, et qui garde en haleine jusqu’au bout, grâce à une montée en tension progressive, jusqu’à un final plein de poésie. 

Comme souvent, les films de science-fiction se prêtent à plusieurs niveaux de lecture. On peut y voir une évocation des peurs et des espoirs de l’Amérique d’hier et d’aujourd’hui. On est dans le film en pleine guerre froide, avec la peur de la menace soviétique, mais aussi les marques d’une Amérique ségrégationniste à l’égard des Noirs. On peut aussi y voir une interrogation de notre rapport à la vérité (ne nous cache-t-on rien ?), voire même, comme souvent dans les récits d’extra-terrestres, une sorte de métaphore de la foi, avec un récit qui avance sur la base de récits de témoins… mais faut-il leur faire confiance ? Et que penser de ce ces êtres dont ils parlent, qui viennent du ciel et dont les intentions sont mystérieuses, des êtres dont ils sont persuadés de l’existence, que certains prétendent avoir rencontré, parfois avec des phénomènes étranges et inexpliqués ? Faut-il y croire ? 

The Vast of Night est le premier long-métrage d‘Andrew Patterson, un réalisateur à suivre, assurément. Sa maîtrise est impressionnante et assez virtuose : mouvements de caméra, travellings sophistiqués, plans séquence… d’autant que le film se déroule en temps réel : le temps d’un match de basketball. A noter également le duo de jeunes acteurs principaux, inconnus, tout deux excellents : Jake Horowitz et, surtout, Sierra McCormick (elle aussi est à suivre !). 

Bref, voilà un petit film (par son budget) qui a tout d'un grand, et que tous les amateurs de SF se devraient de ne pas manquer.... et les autres aussi ! Le film n’est pas sorti en salle mais il est disponible depuis peu sur Amazon Prime. 

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The Vast of Night, un film américain de Andrew Patterson
Disponible sur Amazon Prime Video 



lundi 29 juin 2020

L'ombre de Staline : un passionnant portrait d'un lanceur d'alerte sur le stalinisme


Gareth Jones est un jeune journaliste qui a réussi à décrocher une interview d’Hitler alors qu’il venait d’accéder au pouvoir. Devenu conseiller pour la politique étrangère auprès du Premier Ministre britannique, il met ce dernier en garde contre le danger que représente Hitler mais en vain. Il décide alors d’aller à Moscou pour tenter d’interviewer Staline et comprendre le “miracle soviétique”. Il ne rencontrera pas Staline, mais il se retrouvera en Ukraine et y découvrira l’horreur de la famine organisée par le pouvoir soviétique. 

L’ombre de Staline propose un portrait d’un journaliste méconnu, véritable lanceur d'alerte de son temps sur les horreurs du stalinisme. Son récit aurait inspiré George Orwell dans l’écriture de son roman La ferme des animaux (qui est une satire de la révolution russe et une critique du régime soviétique). Et comme souvent pour les lanceurs d’alerte, Gareth Jones a eu du mal à être entendu… 

La reconstitution de l’URSS des années 30, de Moscou sous surveillance à l’Ukraine affamée, est remarquable. L’évocation de l’Holodomor, la grande famine en Ukraine, orchestrée par le pouvoir soviétique et qui a fait plusieurs millions de morts, est saisissante. Les horreurs du stalinisme sont étouffés par une propagande que l’Occident accepte sans sourciller, parce que les enjeux politiques et économiques sont plus forts que la recherche de la vérité. Finalement, le film évoque l’aveuglement d’un monde sur le point de s’effondrer, peu de temps avant qu’éclate la Seconde Guerre Mondiale. Au-delà de l’intérêt historique de son sujet, le film a une portée actuelle, mettant en garde toute société dont le rapport à la vérité est faussé (à l’heure des fake news et autres théories du complot, il est bon de l’entendre…). 

La remarquable réalisation d’Agnieszka Holland fait de cette page d’histoire à la fois un thriller, un film d’espionnage et un drame glaçant. C'est passionnant. A noter également l’excellente bande originale composée par Antoni Lazarkiewicz, qui n’est pas sans rappeler parfois certains grands compositeurs russes comme Prokofiev.

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L'ombre de Staline, un film britannico-polonais d’Agnieszka Holland

Benni : un drame percutant et fort


Benni est une enfant de 9 ans très perturbée qui va de foyer en foyer. Sa mère, complètement dépassée, est incapable de s’occuper d’elle. Victime de traumatismes dans sa petite enfance, Benni est très instable et agitée, elle a aussi des accès soudain d’extrême violence incontrôlable. Mais en réalité, elle n’aspire qu’à retrouver l’amour qu’on lui refuse. Une assistante sociale et un auxiliaire de vie scolaire vont tout faire pour l’aider. 

Benni est un drame percutant, un film dur mais vraiment touchant. Remarquablement mis en scène par Nora Fingscheidt, dont c’est la première réalisation (une réalisatrice à suivre assurément !), le film est un véritable cri déchirant sur le besoin d'amour. Les scènes où l’enfant explose littéralement de colère et de peur sont impressionnantes, la caméra devient subjective, évoquant le traumatisme qui refait surface et saisit Benni qui est alors submergée par une vague de violence verbale et physique. Certaines scènes sont même parfois assez difficile à voir. 

Le film réserve aussi des scènes bouleversantes d’émotion, notamment dans l’évolution de la relation avec Micha, l’auxiliaire de vie scolaire, ou lorsque l’assistante sociale qui se démène pour Benni, Mme Bafané, craque, ou à la fin du film, une scène d’une force émotionnelle rare de Benni avec un bébé (je vous laisse la découvrir). 

Réaliste et fort, le film décrit la détresse de Benni et le désarroi de ceux qui veulent l’aider, sans tomber dans la complaisance ou l’angélisme. Il évoque les conséquences dramatiques que provoquent chez un enfant le rejet, la violence, l’absence d’amour… il montre aussi la patience et l’abnégation de certains travailleurs sociaux qui cherchent sans relâche à trouver des solutions.

Dans le rôle de Benni, la jeune Helena Zengel est tout simplement extraordinaire de justesse, de force et de sensibilité. 

Un film très fort, dont on ne ressort pas tout à fait indemne. 

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Benni, un film allemande réalisé par Nora Fingscheidt


lundi 22 juin 2020

Un fils : un remarquable drame, intense et intime


Farès et Meriem forment un couple heureux. Avec Aziz, leur fils de 9 ans, ils sont une famille tunisienne moderne, plutôt privilégiée. Lors d’un séjour dans le sud du pays, ils se retrouvent sous les tirs d’un groupe de terroristes et une balle blesse grièvement Aziz. Pour le sauver, il faut envisager une greffe. Suite aux examens pour mesurer la compatibilité des parents pour une greffe, les résultats révèlent que Farès n’est pas le père biologique d’Aziz… 

Un fils est un drame remarquable, à la fois intense et intime. Intense par son suspense autour de la véritable course contre la montre qui s’engage pour sauver l’enfant grièvement blessé, et par les dilemmes qui se posent quant aux méthodes à adopter. Intense aussi par l’évocation d’une crise intime majeure traversée par un couple pour qui tout bascule en un instant. Cette intensité est filmée avec urgence par la caméra de Mehdi Barsaoui (dont c’est le premier film en tant que réalisateur) et incarnée magistralement par l’interprétation remarquable de Sami Bouajila d’abord, mais aussi de Najla Ben Abdallah. 

Le film parle bien-sûr de la filiation et de paternité, mais aussi des secrets enfouis qui finissent toujours par émerger. Il pose la question de la possibilité, et de la difficulté, du pardon dans le couple. Il s’inscrit enfin dans le contexte politique de la Tunisie d’aujourd’hui, entre modernité et archaïsme, avec l’ombre inquiétante de l’intégrisme religieux. 

La très belle scène finale offre une fin ouverte… mais il est permis de discerner, dans les regards de Farès et de Meriem, une note d’espoir ! Un film remarquable. 

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Un fils, un film réalisé  par Mehdi Barsaoui 

La bonne épouse : une comédie féministe et rétro


Depuis des décennies, l’école ménagère Van der Beck forme ses jeunes élèves pour qu’elles deviennent des épouses modèles et de parfaites ménagères. Mais, peu avant mai 68, alors qu’un vent de révolte commence à souffler, tout va se compliquer pour Paulette, la directrice, avec le décès de son mari Robert et la découverte de ses dettes qui laissent l'école ruinée...

La bonne épouse est une comédie féministe tout à fait réussie, qui adopte le ton d’une fable ironique et rétro. Les personnages sont assez caricaturaux (et c’est drôle !) mais l’évocation de la condition féminine dans les années 60 est, elle, finalement assez réaliste… où le seul destin possible d’une jeune femme semblait être de devenir une bonne épouse ! La fin du film, étonnante quant à la forme (mais je ne spoilerai rien !), ne laisse aucun doute sur l'intention féministe. Ces dernières scènes, que tout le monde visiblement n'apprécie pas, m’ont d'abord surpris, mais j'ai finalement été convaincu par cette conclusion à la fois ludique et militante !

Un atout incontestable du film est son brillant trio de comédiennes principales : Juliette Binoche, Yolande Moreau et Noémie Lvovsky. Elles sont toutes les trois assez géniales et très drôles ! Alors certes, le film est un peu moins convaincant dans les quelques moments d'émotion... mais La bonne épouse est avant tout une comédie et de ce point de vue, c'est réussi !

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La bonne épouse, un film réalisé par Martin Provost

lundi 15 juin 2020

Da 5 Bloods : Spike Lee revisite la guerre du Vietnam


De nos jours, quatre vétérans retournent au Vietnam pour retrouver et rapatrier le corps de leur chef, tombé au combat, mais aussi retrouver un trésor qu’ils avaient enfoui dans la jungle. Mais leur voyage sera aussi l’occasion pour eux de faire face aux fantômes qui les hantent depuis 50 ans.  

Avec Da 5 Bloods, Spike Lee revisite l’histoire et la mémoire de la guerre du Vietnam, en proposant une perspective afro-américaine, pour dénoncer la politique des USA, qui n’hésite pas à envoyer ses soldats noirs se faire tuer sur le champ de bataille mais ne leur garantit pas les droits de citoyens à part entière. Comme à son habitude, le propos est militant, appuyé (parfois un peu trop explicitement…) par des images d’archives, non seulement de la guerre du Vietnam mais aussi de discours de Martin Luther King ou Malcolm X par exemple, sans oublier d’égratigner à plusieurs reprises Donald Trump ! Le propos du film trouve évidemment un écho particulier dans l’actualité, avec le mouvement Black Lives Matter (explicitement cité à la fin du film). 

Comme souvent, le réalisateur mélange les genres : Da 5 Bloods est un film de guerre (avec des références explicites à Apocalypse Now et même Rambo !), certes, mais aussi un film d’aventure, un drame et un buddy movie. On pourra, certes, trouver le mélange un peu brouillon parfois, avec aussi quelques longueurs. Mais on ne peut nier l’ambition d’un film engagé et spectaculaire.

Un des propos du film est aussi de dire qu’on ne revient jamais vraiment d’une guerre. A cause des cicatrices béantes qu’elle laisse, à cause des fantômes qui continuent de hanter ses protagonistes, à cause des animosités qui sont entretenues… une guerre ne se termine jamais vraiment. Un élément intéressant de la mise en scène, qui surprend au début mais qui s'avère pertinent, sont les flashbacks où les vétérans revivent certains épisode de la guerre, tournés avec les mêmes acteurs, sans essayer de les faire paraître plus jeunes : en réalité, ils sont toujours là-bas… 

Bref, un vrai film de Spike Lee, engagé, comme toujours. 

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Da 5 Bloods, réalisé par Spike Lee
Disponible sur Netflix