jeudi 20 septembre 2018

Les frères Sisters : un western, un vrai, mais au ton très original

Les deux frères Charlie et Eli Sisters sont de redoutables tueurs à gage. Ils travaillent pour le Commodore. Ils doivent se rendre dans le sud pour retrouver John Morris, un détective qui suit Hermann Kermit Warm, qui aurait inventé une formule chimique miracle pour découvrir de l'or. Leur mission est de lui soutirer la formule par tous les moyens avant de le tuer...

Pour son premier film américain, le réalisateur français Jacques Audiard a choisi un western. C'est gonflé ! Mais c'est tout à fait réussi ! Il nous propose un western à la fois classique et original. Classique parce qu'on y retrouve les codes du genre : les chevauchées dans les grands espaces, les fusillades, la ruée vers l'or... Mais le ton est vraiment original, âpre et sombre, certes, mais non sans humour et même, alors qu'on ne s'y attend pas, avec une certaine douceur. Comme souvent chez Audiard, ses héros sont à la fois forts, violents, et fragiles. Plein de paradoxes. Ces gros durs sont en fait des grands gamins, abîmés par la vie, presque inconscients de leurs actes. Le dénouement du film, génialement mis en scène, le confirme de manière assez inattendue !

Les frères Sisters est donc bien un western, certes, mais c'est aussi un conte assez cruel sur la fraternité, voire une fable psychanalytique (la figure omniprésente du père, y compris à travers le Commodore).

Comme toujours chez Audiard, la réalisation est magnifique et d'une maîtrise confondante. Et quel travail sur la lumière (les fusillades nocturnes sont de grands moments de cinéma) ! Impeccable casting, avec un duo Joaquin Phoenix et John C. Reilly qui fonctionne à merveille, auquel viennent s'ajouter le toujours très bon Jake Gyllenhaal et Riz Ahmed (vu par exemple dans l'excellent Night Call, déjà aux côtés de Jake Gyllenhaal). Il faut enfin mentionner la formidable bande originale, une nouvelle très belle réussite d'Alexandre Desplat (une musique qui évoque parfois du Ennio Morricone déstructuré !).

mardi 18 septembre 2018

Fortuna : Un drame social qui interroge notre capacité d'accueil de l'autre

Fortuna a 14 ans, elle est éthiopienne et est accueillie avec d'autres réfugiés dans une communauté religieuse, au coeur des Alpes suisses. Elle y rencontre Kabir, un jeune africain dont elle tombe amoureuse. Mais son seul véritable confident est un âne, auquel elle confie ses interrogations et ses secrets. La communauté religieuse est perturbée aussi par l'accueil de ces réfugiés, ses membres se retrouvent tiraillés entre leur tradition d'hospitalité et certains événements qui viennent troubler la quiétude de leur vie religieuse.

Ancré dans des problématiques contemporaines, Fortuna est un drame social bouleversant sur la question de l'accueil des migrants et même, plus largement, sur l'accueil de l'autre, étranger, en général. C'est une très belle oeuvre de cinéma, réalisée dans un superbe noir et blanc, au milieu des paysages enneigés des montagnes suisses ou dans le clair-obscur des intérieurs, la nuit. Un travail précis et inventif sur les cadrages, la lumière, les plans larges et les gros plans (celui sur l'oeil de Fortuna alors qu'elle subit un examen médical, et dont une larme finit par couler est d'une beauté renversante). Par son rythme lent, méditatif, quasi-religieux, le film, loin d'être donneur de leçon, ne propose pas de solutions toutes faites à un problème complexe mais invite à la réflexion (jusque dans sa très belle fin, ouverte).

On suit le parcours de cette gamine perdue (incarnée par la touchante Kidist Siyum Beza), loin de ses parents (dont on ne sait rien), dans un pays si différent de ses origines et un monde qu'elle ne comprend pas, trop tôt confrontée à des problèmes d'adultes. L'horreur qu'elle a vécue dans sa traversée depuis l'Afrique est évoquée de façon sobre, à plusieurs reprises, notamment à travers de simples images de la mer agitée.

Et puis il y a la communauté religieuse qui accueille ces réfugiés. A travers elle, deux scènes clés du film nous interrogent quant à notre accueil. La première, au milieu du film, lorsque les cinq religieux discutent autour d'une table et font état de leur désarroi, de leur malaise suite à un événement survenu récemment et qui les a troublé. Le supérieur, frère Jean (formidable Bruno Ganz tout en force sereine et humanité) pose les bonnes questions : sommes-nous prêts à sacrifier ce qui nous est cher pour accueillir ceux qui en ont besoin ? Et la deuxième scène, un dialogue à la fin du film entre frère Jean et Monsieur Blanchet, qui s'occupe des réfugiés, interroge sur la meilleure façon d'accueillir et d'aider son prochain, sur l'importance de faire confiance plutôt que de choisir à la place des autres ce qui est bon ou mauvais pour eux : "parfois le mal, c'est le bien imposé."

La dimension spirituelle est très présente dans le film. D'abord à travers la jeune éthiopienne, dont la foi enfantine l'aide malgré tout à tenir (elle trouve secours dans la figure de la vierge Marie, au point même de s'identifier à elle). Mais aussi à travers la communauté religieuse : quand l'exigence évangélique de l'hospitalité vient troubler même les voeux religieux de silence et de prière, où est la priorité ?

Un très beau film, qui interroge notre capacité d'accueil de l'autre...

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Cet article est paru initialement dans Croire et Vivre, il est consultable ici

lundi 17 septembre 2018

Mademoiselle de Joncquières : une comédie cruelle et élégante

Madame de la Pommeraye, jeune veuve, vit retirée du monde dans sa vaste demeure. Le marquis des Arcis, libertin notoire, cherche à la séduire mais elle résiste... jusqu'à ce qu'elle cède, finalement convaincue de l'authenticité des sentiments du marquis. Après quelques années de bonheur, elle découvre que le marquis s'est lassé d'elle. Amoureuse et blessée, elle met alors au point une vengeance...

Mademoiselle de Joncquières est une comédie, certes, où l'on s'amuse beaucoup, mais c'est une comédie cruelle sur l'amour blessé, avec comme ingrédients amour libertin et marivaudage, tromperies et vengeance, bigoterie et hypocrisie.  Et quel plaisir d'entendre ces dialogues superbes, maniant la langue française avec délice !

Le film bénéficie aussi d'un remarquable casting, en tête duquel on se régale du duo formé par un Edouard Baer confondant de naturel et une Cécile de France magnifique et intrigante. Quant à la réalisation d'Emmanuel Mouret, elle est d'une belle élégance et nous permet de passer un très joli moment de cinéma.

Première année : entre docu-fiction et fable morale

Antoine est "retriplant" en première année de médecine : il a raté d'un rien le concours l'année précédente. Benjamin, lui, arrive du lycée, il n'est pas forcément hyper-motivé mais il a des facilités en science, et son père est médecin. Dans un environnement hyper-compétitif, ils vont s'entraider pour réussir tous les deux leur première année.

Le film est un peu un docu-fiction de luxe sur le parcours de combattant des étudiants en médecine qui se transforme en fable morale sur l'amitié.

L'aspect "documentaire" est intéressant. Il décrit avec réalisme le système quasi-inhumain des concours en général, et du PACES en particulier, avec son esprit de compétition exacerbé, son bachotage obligatoire... Un système qui laisse sur la touche des jeunes qui feraient pourtant d'excellents médecin, et qui étouffe la passion. La plus jolie scène du film est peut-être celle où Antoine emmène son ami Benjamin dans une salle au sous-sol de la fac, pour observer en secret, admiratif et envieux, un cours d'anatomie pour les troisièmes années, sur un cadavre.

J'ai trouvé le côté "fable morale" moins réussi, un peu maladroit. Le dénouement, la morale de l'histoire, m'est même apparu un peu forcé. Les thématiques autour du récits (l'amitié à l'épreuve du PACES, le poids des parents, voire de la dynastie de médecins) traitées de façon un peu superficielle.

Malgré ses qualités, à mon avis, Première année est le moins réussi des trois films de la "trilogie médicale" de Thomas Lilti (j'ai trouvé Hippocrate plus fort et Médecin de campagne plus touchant).

Thunder Road : un film atypique qui nous fait passer du rire aux larmes

Jimmy Arnaud est un policier, plusieurs fois décoré. Séparé de sa femme, il a une fille qu'il accueille en garde partagée. Mais à la mort de sa mère, tout va basculer pour lui. Et ça commence avec son hommage lors des obsèques, qui va être à l'origine de plusieurs problèmes.

Thunder Road est un film atypique, très original. Véritable ascenseur émotionnel, il nous fait passer du rire aux larmes, en passant, parfois, par le malaise. L'incroyable scène d'ouverture, un plan séquence de dix minutes, donne le ton. Pendant les obsèques de la mère de Jimmy, ce dernier a demandé à prendre la parole pour un hommage. Mais Jimmy est maladroit dans ses paroles, il s'emballe, est submergé par l'émotion, et tout finit par partir en vrille quand il essaye de faire passer Thunder Road, la chanson de Bruce Springsteen que sa mère aimait tant et que ça ne fonctionne pas... alors qu'il a prévu de danser sur la chanson, en hommage à sa mère danseuse. Tout le film est déjà contenu dans cette scène ouverture : la performance incroyable de son acteur principal, le ton original, sur le fil du rasoir, les thématiques du deuil ou de la paternité, et la difficulté à dire, à exprimer la complexité de ses sentiments. Dès cette scène d'ouverture, le spectateur est déstabilisé, hésitant souvent entre le rire, les pleurs... ou le malaise.

Thunder Road est un incroyable portrait d'un gars cabossé par la vie, qui pète les plombs mais qui essaye d'être un bon père. Même s'il ne sait souvent pas bien s'y prendre avec sa fille, c'est un peu sa bouée de sauvetage. Il va accumuler galère sur galère et il se retrouvera, au milieu de la tourmente, maladroit, excessif, sans filtre, piégé par ses paroles et les sentiments qu'il n'arrive pas à contrôler. Petit à petit, on en apprend un peu plus sur le passé de Jimmy et on comprend un peu mieux ses failles et ses difficultés.

Le film aborde plusieurs thèmes : le deuil, bien-sûr, et la façon de le surmonter, le divorce et ses conséquences, les difficultés à être père, la pression de la vie professionnelle et ses dégâts sur la vie de famille...

Jim Cummings fait à peu près tout dans le film. Il en est bien-sûr l'acteur principal et sa performance est assez époustouflante. Mais c'est aussi lui qui l'a écrit, réalisé, monté et qui en a même composé la musique ! Certains diront peut-être qu'il en fait trop... mais son personnage est si attachant, dans ses excès et le ton du film si personnel et atypique qu'on lui pardonne volontiers quelques faiblesses dans le scénario.

Thunder Road est pour moi un vrai coup de coeur comme le meilleur du cinéma indépendant américain peut en produire.

lundi 10 septembre 2018

Sofia : un drame social qui dénonce toutes les hypocrisies

Sofia a 20 ans, elle vit avec ses parents, à Casablanca. Elle est soudain prise de violents maux de ventre et sa cousine Lena, qui fait des études de médecine, réalise qu'elle est en réalité enceinte : elle a fait un déni de grossesse. Au Maroc, pour avoir donné naissance à un enfant hors mariage, elle risque la prison. Lena va alors aider Sofia et essayer de dissimuler l'accouchement aux autorités, voire aux parents.

Sofia est un drame social ancré dans la réalité marocaine d'aujourd'hui. Traditions figées, codes de l'honneur, inégalités sociales, condition des femmes, corruption... un terreau idéal pour l'hypocrisie et les faux-semblants (à tous les niveaux) ! Grâce à un scénario habile, ses rebondissements et son dénouement assez terrible, tous les personnages de cette histoire en sont finalement victime et/ou coupables... et le film, au-delà du contexte marocain, interroge toutes les hypocrisies et les faux-semblants. Au Maroc ou ailleurs...


Photo de famille : jolie comédie mélancolique sur la famille

Gabrielle, Elsa et Mao sont frères et soeurs mais ils vivent leur vie un peu chacun de leur côté. Gabrielle fait la statue vivante pour les touristes, Elsa est en colère contre tout le monde et essaye vainement d'avoir un enfant, et Mao est un créateur de jeux vidéo handicapé social... Quant à leurs parents, ils sont séparés depuis longtemps déjà : Claudine est une psy envahissante pour ses enfants et Pierre un râleur égocentrique. Mais à la mort du grand-père, les voilà réunis... et ils devront bien trouver une solution pour s'occuper de la grand-mère âgée et sénile.

Photo de famille est une jolie comédie mélancolique et tendre sur la famille. Même si l'histoire force parfois un peu le trait, avec des membres de la famille très typés (c'est une comédie...), elle touche souvent juste pour évoquer la complexité des liens familiaux, en particulier à l'âge adulte.

Le film est porté par une formidable bande de comédiens : Vanessa Paradis, Camille Cottin et Pierre Deladonchamps pour la fratrie, Jean-Pierre Bacri et Chantal Lauby pour les parents. Un régal.

C'est donc un très joli moment de cinéma sur un thème qui, à défaut d'être original, est traité avec finesse.

Shéhérazade : un drame urbain réaliste sur la force fragile de l'amour

Zachary a 17 ans et il sort de prison. Sa mère n'est pas venue l'accueillir... de toute façon, elle ne peut pas s'occuper de lui. Alors on le remet en foyer. Et puis il traîne dans les quartiers populaires de Marseille. C'est là qu'il rencontre Shéhérazade, une jeune prostituée qui était au collège avec lui...

Shéhérazade est un drame urbain au réalisme cru, sans fard, qui offre une plongée dans les quartiers populaires de Marseille. Délinquance, drogue, prostitution, violence sont le quotidien de ces jeunes plus ou moins paumés, aux parents abonnés absents. Un environnement dur et impitoyable dans lequel, pourtant, naît une histoire d'amour. Véritable petit miracle fragile, étincelle inespérée d'espoir. Mais il n'est pas facile d'accepter l'amour dans un tel contexte, de le reconnaître, simplement de le dire.

A la fois incandescent et sombre, Shéhérazade est un film qui bouscule par son réalisme : le quotidien de la délinquance n'est pas reluisant. Et on s'accroche finalement à cette histoire d'amour comme à une bouée, fragile et incertaine dans ce terrible océan de galère sociale. Jusqu'à être touché, bouleversé, par le dénouement de l'histoire qui laisse poindre malgré tout un peu d'espoir... celui de l'amour.

Les jeunes acteurs, amateurs, jouent juste. C'est particulièrement vrai de Kenza Fortas, dans le rôle de Shéhérazade, qui est la grande découverte d'un film qu'on reçoit comme un coup de poing dans le coeur.

lundi 3 septembre 2018

Burning : thriller psychologique dense et ambigu

Jongsu, un jeune coursier, retrouve par hasard Haemi, une ancienne voisine de son village, avec qui il est allé à l'école. Elle le séduit et il s'éprend rapidement d'elle. Peu de temps après, Haemi va faire un voyage en Afrique et elle revient avec Ben, qu'elle a rencontré au cours de son voyage, une jeune homme riche et mystérieux. Un triangle amoureux s'instaure... jusqu'à ce que Ben révèle à Jongsu son étrange hobby secret et que, peu après, Haemi disparaisse.

Burning est un thriller psychologique dense et ambigu, un véritable jeu de dupes qui déboussole le spectateur. On ne sait jamais vraiment quoi penser de l'histoire qui nous est racontée, on n'est jamais vraiment sûr de ce que l'on voit. Toute l'histoire nous est racontée du point de vue de Jongsu... mais on ne sait pas grand chose du jeune homme, à part qu'il est solitaire, qu'il a vécu dans un contexte familial compliqué et qu'il se prétend écrivain mais qu'il n'arrive visiblement rien à écrire. Peut-on faire confiance à sa perception des choses ? D'autant que dans l'histoire, tout est suggéré, jamais montré. Et lorsque le film devient une enquête, assez obsessionnelle pour Jongsu, des indices semblent parfois trop évidents, ou des détails semblent prendre trop d'importance, alors même que le personnage de Ben reste bien mystérieux... Tout est fait pour entretenir le doute chez le spectateur, et cela jusqu'à la dernière image.

On ressort du film un peu perdu, déboussolé. Avec plein de questions sans réponse. On essaye forcément de refaire le film dans sa tête et c'est là qu'apparaissent parfois sous un jour nouveau certains éléments de l'histoire, et finalement le doute ne fait que grandir. En fait, plus on y pense, plus le film devient vertigineux... Burning est vraiment un film qui interroge notre perception de la vérité et de la réalité.

Guy : un vrai-faux documentaire, plein d'ironie, de tendresse et de nostalgie

Gauthier, un jeune journaliste, apprend après la mort de sa mère qu'il serait le fils illégitime de Guy Jamet, une vieille gloire de la chanson française, qui est justement en train de sortir un album de reprises et de faire une tournée. Pour approcher celui qui pourrait être son père, il propose alors à l'artiste de le suivre avec sa caméra pour, dit-il, réaliser un portrait documentaire de lui.

Le film est un peu un vrai-faux documentaire dont le montage ne serait pas encore achevé, alternant des images dans l'intimité de l'artiste et des images d'archives (et mêmes quelques images de famille du journaliste).

Dans la première partie du film c'est l'ironie qui prédomine, à travers le regard un peu sarcastique porté sur le petit monde du show-bizness, avec ses tournées, les concerts, la promotion dans les médias : passages obligés et jeu de masque. Les dialogues sont incisifs voire caustiques, dans la bouche d'un Guy Jamet cynique, doucement mysanthrope, plutôt désabusé. Et puis il y a les personnages, parfois ridicules parfois touchants, qui gravitent autour de l'artiste. Déjà, ici, l'ironie devient tendre. Et c'est justement la tendresse et la nostalgie qui prennent le dessus dans la seconde moitié du film. Dans l'intimité de la maison en Provence de l'artiste, avec ses chevaux, les masques finissent par tomber. Alors percent les regrets, les remords (l'amour de sa vie, son fils...), la fragilité face au temps qui passe. La comédie devient mélo, même si l'humour est toujours là, un film vraiment touchant.

La performance d'Alex Lutz est bluffante. Sa transformation est impressionnante, grâce notamment à un maquillage très réussi, mais aussi et surtout grâce à l'interprétation de l'acteur, sa gestuelle, son phrasé. Ça ne sonne jamais faux, on a vraiment l'impression d'avoir un septuagénaire devant les yeux !

Il faut aussi mentionner le remarquable travail de reconstitution, avec les fausses images d'archives (les clips et les scopitones !), et les compositions originales plus vraies que nature (avec des mélodies qui restent dans la tête !), et interprétées par Alex Lutz lui-même, talent protéiforme. Rendez-vous, probablement, à la prochaine cérémonie des César.

Cocktail étonnant d'ironie, de tendresse et de nostalgie, Guy est une jolie réussite qui parvient, un peu sur le fil du rasoir, à garder l'équilibre émotionnel et propose au final un hommage mélancolique à la vie d'artiste et une évocation sensible de la paternité et du temps qui passe.