Sans doute un film clivant, qu’on aime ou qu’on déteste mais qui ne laisse pas indifférent. Je suis du côté de ceux qui ont beaucoup aimé… C’est en effet un film que j’ai trouvé passionnant, tant sur le fond que sur la forme.
(Critique complète ci-dessous ou ici)
Dans les années 1770, en Angleterre, Ann Lee rejoint une communauté revivaliste. Très vite, elle y devient influente. Elle est convaincue de devoir partir pour New York, pour apporter la bonne parole dans le Nouveau Monde. Elle va y fonder une communauté religieuse qu’on appelle les Shakers, y prêche l’égalité des sexes et l’égalité sociale, ses fidèles la vénèrant comme l’incarnation féminine du Christ.
Le Testament d’Ann Lee est sans doute un film clivant (on le voit bien dans les critiques…), un film qu’on aime ou qu’on déteste mais qui ne laisse pas indifférent. Je suis du côté de ceux qui ont beaucoup aimé… C’est en effet un film que j’ai trouvé passionnant, tant sur le fond que sur la forme.
Sur la forme, la reconstitution historique est minutieuse, la mise en scène est virtuose et immersive, l’idée d’en faire un drame musical fonctionne très bien, et le fait de chorégraphier les scènes d’extase religieuse leur donne une dimension étonnante. L’immersion dans ces scènes est impressionnante. Il faut mentionner aussi la musique de Daniel Blumberg (dont j’avais découvert le travail avec The Brutalist), évidemment très présente tout au long du film, qui s’inspire de chants traditionnels en y intégrant des sonorités modernes, des dissonances. L’ensemble est vraiment saisissant.
Sur le fond, le film permet de découvrir un étonnant mouvement religieux peu connu, celui des Shakers (ou la Société Unie des Croyants dans la Deuxième apparition du Christ), un mouvement en quelque sorte héritier des quakers et du prophétisme cévenol. A son apogée, au milieu du XIXe siècle, le mouvement a compté jusqu'à 4000 adeptes, mais aujourd'hui on ne dénombre plus que deux membres aux États-Unis (comme le spécifie le générique de fin) !
C’est avant tout sous la forme d’un portrait de la prophétesse du mouvement, Ann Lee, que le film se présente. Il aurait été trop facile de la faire passer soit comme une illuminée soit comme une icône féministe. Le film choisit l’ambivalence. Moins confortable, certes, mais bien plus intéressant. Car si les Shakers apparaissent comme un mouvement radical, exalté et utopiste, avec une théologie discutable et un rejet absolu de la sexualité, c’est aussi un mouvement pacifiste, soucieux de justice sociale et d’égalité, notamment quant à la place des femmes. L'absence de jugement dans le regard de la réalisatrice n’est pas une absence de point de vue. C’est le choix de la nuance, et de laisser le spectateur se faire sa propre conviction.
Enfin, il faut évidemment souligner la performance hallucinante d’Amanda Seyfried, totalement habitée par le rôle. Comment peut-elle ne pas être nommée aux Oscars pour ce rôle ?!

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