lundi 6 novembre 2017

Mise à mort du cerf sacré : un film assez perturbant

Steven est cardiologue. Il est marié à Anna, une ophtalmologue. Ils forment une famille parfaite avec leurs deux enfants, Kim et Bob. Steven a pris sous son aile un jeune garçon, Martin, qui s'immisce progressivement dans sa famille... On comprend finalement que le père de Martin est mort sur la table d'opération, et que le jeune garçon considère que Steven en est responsable. Un jour, Bob, le fils de Steven, ne sent plus ses jambes. Sans explication. Martin dit alors à Steven que puisqu'il a tué son père, il faut en échange qu'il tue un de ses deux enfants ou sa femme, sinon les trois mourront. Peu après, Kim, la fille de Steven, est atteinte des mêmes symptômes que son frère...

Mise à mort du cerf sacré est un film noir, très noir. Un film radical, au scénario jusqu'au-boutiste, cruellement cynique sur la nature humaine, la famille. Un film assez perturbant. C'est une sorte de thriller psychologique et horrifique, au rythme assez lent mais implacable. Soutenu par une bande originale anxiogène, le film est encadré par deux extraits d'œuvres sacrées qui lui donnent une dimension mystique (la notion de sacrifice...)

La mise en scène de Yorgos Lanthimos est assez virtuose, avec notamment des cadrages très travaillés et des travellings ingénieux. Le jeune Barry Keoghan est remarquable dans le rôle de Martin. Glaçant. Colin Farrell et Nicole Kidman sont impeccables.

Dans une sorte de métaphore macabre, le film parle du remord et de ses conséquences. Steven se sent obligé de compenser la mort du père de Martin en lui consacrant du temps, en l'emmenant sur son lieu de travail, en lui offrant des cadeaux, l'invitant à la maison pour lui présenter sa famille... Mais Martin devient exigeant, il débarque à l'improviste à l'hôpital, décide unilatéralement de rendez-vous, essaye de caser sa mère avec Steven... Et tout bascule dans l'horreur. Le remord tue... et cela devient littéral dans le film. Glaçant...