Un film d’une tendresse infinie et d’une formidable humanité. Vivre, c’est autre chose que d’être bien portant, autre chose que d’être productif et dans la norme. Magnifique, inspirant et porteur d’espoir !
Marie-Lou est directrice d’un établissement pour personnes âgées. Elle tente d’y instaurer une philosophie de soins innovante, basée sur l’écoute et la dignité de chaque résident. Mais elle doit faire face à la réticence d’une partie de ses équipes. Sa rencontre avec Mari, une metteuse en scène japonaise qui se bat contre un cancer, va bouleverser la trajectoire de sa vie.
Soudain est un film d’une tendresse infinie et d’une formidable humanité. Le récit prend son temps, paisible et introspectif, mais il est aussi jalonné de plusieurs pointes d’humour bienvenues, et même de quelques moments vraiment savoureux. Finalement, la question que pose le film est : qu’est-ce que vivre ? C’est autre chose que d’être bien portant, autre chose que d’être productif et dans la norme. D’ailleurs, comme le dit un personnage du film, “de près, personne n’est normal.”
Au cœur du film, il y a le récit d’une très belle amitié, qui naît au hasard d’une rencontre et se déploie tout au long du film, jusqu’à une fin bouleversante. Une amitié forte, structurante, apaisante.
Mais c’est aussi un film qui parle du grand âge et de la maladie, mais sous l’angle du soin, du “care”, et de l’humanitude : cette attitude qui porte un regard différent, bienveillant sur les personnes âgées et leur donne toute leur dignité et leur place dans la société.
Le film parle enfin plus largement de la mort, comme faisant partie de la vie. Quel que soit l'âge, où malgré la maladie, chaque personne peut être considérée comme pleinement humaine jusqu'au bout, jusqu'au dernier souffle.
S’il y a un bémol, il est probablement dans la longueur du film. Était-ce nécessaire de faire un film de 3h15 ? J’ai surtout ressenti cette longueur dans la première partie du film (la représentation théâtrale, les longs discours didactiques...), beaucoup moins dans la deuxième partie du film. Ce qui réduit la taille du bémol… mais ne l’ôte pas complètement. Avec quelques minutes de moins, le film aurait pu être parfait.
Mais il serait dommage de se priver d’un film magnifique, inspirant et porteur d’espoir !
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