lundi 14 août 2017

Que Dios nos perdone : un remarquable polar noir et étouffant

Madrid, été 2011. En pleine crise économique et alors que la ville s'apprête à accueillir la visite du pape pour les JMJ, deux flics que tout oppose enquêtent sur les meurtres sordides d'un serial-killer qui s'attaquent aux femmes âgées.

Que Dios nos perdone est un vrai film de genre : un polar vraiment noir, à l'ambiance lourde et étouffante sous la chaleur de l'été madrilène. Un film qui prend aux tripes. Avec des meurtres sordides (et filmés de façon assez crue), un serial-killer implacable, une enquête longue et compliquée. Un film qui explore sans complaisance la noirceur de l'âme humaine. Et pas seulement chez le serial-killer... mais aussi chez son duo de flics estropiés en matière de relations et devant faire face à leurs démons. Un film noir jusque dans son épilogue, désenchanté.

Mais quelle belle maîtrise dans la réalisation de Rodrigo Sorogoyen ! Et quel bon scénario ! Après La isla minima ou L'homme aux mille visages, le cinéma espagnole prouve encore la qualité de ses polars sur fond politique. Car le contexte politique est omniprésent, en toile de fond, dans le film : la crise économique et la grogne qui monte dans la population ; la visite du pape et l'empreinte du catholicisme ; la volonté de ne pas ébruiter l'affaire dans un tel contexte... mais qui du coup encourage le meurtrier à continuer !

Le film est également remarquablement interprété, notamment dans ses deux rôles principaux. Antonio de la Torre dans le rôle de Velarde, policier bègue et limite autiste. Et encore plus Roberto Alamo dans celui d'Alfaro, flic gouailleur qui n'arrive pas à gérer la violence qu'il a en lui. A noter enfin la très bonne bande originale d'Olivier Arson, avec la forte présence de l'orgue, dans un registre lugubre, qui apporte également une certaine connotation religieuse.

Un film remarquable !

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire