mercredi 4 novembre 2026

Wild Horse Nine : Bons baisers de l’île de Pâques

 

Le film est un délice de comédie dramatique grinçante, qui commence comme une farce caustique sur fond d’espionnage, et qui devient petit à petit douce-amère, féroce et nostalgique à la fois.

(Critique complète ci-dessous ou ici)

Peu avant le coup d’État du général Pinochet, deux agents de la CIA infiltrés au Chili sont envoyés pour un séjour sur l’île de Pâques. Chris doit veiller sur Lee, âgé et malade, qui a tendance à parler sans filtre et dévoiler à n’importe qui des secrets-défense. Mais Lee a une autre mission que Chris lui a confiée… 

Avec Wild Horse Nine, on renoue avec le Martin McDonagh de Bons baisers de Bruges, pour le duo d’espions, le ton cynique, les twists du scénario. Le brouillard de la ville belge est remplacé par le soleil de l'île de Pâques et le beffroi par les moaïs. On pourrait, certes, avoir l’impression d’une soupe réchauffée dans la même marmite… mais la soupe est savoureuse. Alors pourquoi faire la fine bouche ? 

Le film est un délice de comédie dramatique grinçante, qui commence comme une farce caustique sur fond d’espionnage, et qui devient petit à petit douce-amère, féroce et nostalgique à la fois. Et quelle qualité d’écriture des dialogues, cinglants et fleuris ! 

C’est un thriller d’espionnage original, une fable politique au cynisme dévastateur. En situant son intrigue dans les années 70, au large du Chili, en pleine guerre froide, le film fustige l’impérialisme américain, en injectant beaucoup d’humour noir, de dérision et de second degré (comme les références à la mort de JFK qui parcourent tout le récit). 

Mais c’est aussi, à égale mesure, une histoire d’amitié surprenante et émouvante, autour de deux personnages peu recommandables, ayant commis un certain nombre de meurtres au nom de la démocratie et de l’Amérique… mais pour lesquels pourtant on éprouve de l’empathie. C’est un vrai buddy movie tendre et mélancolique, aux accents métaphysiques (autour des regrets et de la bonne conscience). Cela tient aussi au talent d’un duo de comédiens au sommet de leur art : John Malkovich et Sam Rockwell, tous les deux hilarants et touchants à la fois, et parfaitement complémentaires. 

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Wild Horse Nine, un film de Martin McDonagh
avec Sam Rockwell, John Malkovich, Steve Buscemi

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